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Faire renaître une maison des années 60

Le 16 février 2018

Rêves d’intérieurs : édition 2014

Photos : Cécile Langlois
Textes : Cécile Fraboul

Elle a vu le jour il y a cinquante ans, elle a connu quatre propriétaires et autant de rénovations et d’extensions plus ou moins cohérentes. Devenue résidence principale, bien dans son espace et bien dans son temps, elle offre une vue imprenable sur l’horizon.

Elle a été posée sur le sol il y a cinquante ans, sans fondations, sans dalle de béton, brave sentinelle face à l’océan. Après avoir eu plusieurs vies, elle s’est glissée dans la modernité par la volonté de ses nouveaux propriétaires. De l’original, le couple a gardé l’enveloppe – un toit, quatre murs – et un salon d’hiver. Tout le reste a fait peau neuve. Fini la kyrielle de couloirs, de portes et de cloisons qui luttaient contre les courants d’air mais qui cloîtraient les occupants. Sans faire table rase du passé, la maison s’est tournée vers la nature, afin que chacun puisse profiter de la mer aussi bien dehors que dedans. Résultat : une grande pièce à vivre tout en vitres, une cuisine XXL et le blanc des murs pour répondre au bleu des flots. Sous la patte de Marc Hobon, architecte d’intérieur, les 350 mètres carrés habitables ont restitué les idées que les acquéreurs avaient glanées au cours de leurs nombreux séjours à l’étranger. Grâce à une poignée d’artisans aux conseils avisés, et en un minimum de temps, la petite maison près de la plage s’est transformée en un chez-soi sous influences, fière de son nouveau pouvoir d’attraction.

Moderniser, c’était rajeunir et adapter, c’était aussi donner aux espaces une importance qu’ils n’avaient pas il y a cinquante ans. La cuisine, avec ses paillasses aux fonctions intuitives, a été conçue pour faire naître les rencontres. Rencontres quotidiennes en famille, dès le petit déjeuner et tout au long de la journée autour du plateau central. Rencontres occasionnelles au bar, avec les amis de passage, à peine sortis de la piscine ou prêts à y plonger. Une cuisine dans laquelle personne n’est derrière les fourneaux, afin que personne ne soit isolé ou prisonnier d’une tâche.

Vivre à l’année dans une maison de bord de mer, c’est s’imaginer dedans été comme hiver. En y faisant entrer autant de lumière que possible et en jouant sur les volumes et la circulation, les nouveaux maîtres des lieux se sont assurés d’y être toujours bien. Si le rez-de- chaussée est « taillé » pour la belle saison, l’étage substitue au repli sur soi la hauteur de vue, notamment depuis la terrasse supérieure. Quant au salon d’hiver, il se prépare à traverser un autre demi- siècle.

Où que l’on soit, voir la mer

Cuisines David Bodiguel Herbignac. Tél : 02 40 19 91 91

 

Une maison à leur image

Le 11 janvier 2018

Rêves d’Intérieurs – Edition 2012

Photos : Cécile Langlois

Ce couple voulait une demeure qui leur ressemble. Qu’à cela ne tienne, ils l’ont construite. Depuis un an désormais, ils y vivent avec leurs trois enfants et elle correspond en tous points à leurs attentes.

Il faut souligner qu’il s’agit de leur troisième maison... Autant dire que l’expérience aidant, les propriétaires savaient évidemment ce qu’ils voulaient et surtout ce qu’ils ne voulaient pas. L’idée générale était un espace moderne en parfaite harmonie avec leurs goûts. Avec l’aide du cabinet d’architecte LBLF à la Roche-sur-Yon, ils ont posé sur papier ce qui est, aujourd’hui, une superbe construction d’une surface de 350m2. Comme monsieur est un peu de la partie, c’est lui qui a suivi l’avancée des travaux. Il y a même mis sa patte en dessinant, entre autres, l’escalier qui mène aux chambres des enfants. Pas d’enchevêtrements inutiles, au rez-de-chaussée, les pièces s’alignent les unes après les autres pour offrir un espace pratique et facile à vivre. La cuisine a fait l’objet de toutes les attentions. Madame avait une exigence première : pas d’ouverture directe sur la salle-à-manger. Une porte coulissante sépare donc les deux endroits. Discrète et esthétique à la fois, elle permet de cacher l’éventuel désordre de ce lieu de vie. Chaque décision s’est appuyée sur une documentation fournie. Madame confie même avoir feuilleté une multitude de magazines de décoration afin d’y pêcher des idées. Bien qu’ayant quelques idées précises sur l’aménagement de leur cuisine, voulant surtout un espace confortable et une grande sobriété, ils en ont confié l’aménagement à un grand spécialiste du genre : Bulthaup. L’idéal pour éviter toute fausse note et profiter des conseils et du savoir-faire.

Ouverte sur le jardin avec de larges baies vitrées, la clarté naturelle de la pièce est accentuée par un mobilier blanc au design épuré. Pas de poignées apparentes, des façades laquées... Seul le plan de travail noir se prolongeant en table de cuisine crée un contraste dans cette pièce à la blancheur étincelante. Le coin repas placé au milieu peut accueillir toute la famille de manière conviviale et facile. L’univers y est moderne dans les moindres détails... Des sièges italiens, des suspensions discrètes, tout est de même tonalité. Matériaux stratifiés, chants soudés... Le mobilier allie finesse et robustesse. L’électroménager, les appareils techniques, ont été choisis avec l’aide du cuisiniste dans la gamme Gaggenau pour un mariage harmonieux. Ici, rien ne heurte le regard. La décoration est homogène. Les pièces à vivre sont d’ailleurs toutes recouvertes du même carrelage gris de chez Porcelanosa qui donne au sol un style béton ciré.

D’une grande simplicité, le salon ouvre sur la salle-à-manger et sur l’entrée. Tout en nuance, ici aussi, le gris et le blanc dominent. Canapé, fauteuils et meubles sont issus de la collection Ligne Roset trouvés chez le décorateur Billaud. Seule exception colorée dans cette maison moderne et délicate à la fois, le mur et le couloir qui longent l’escalier. La maîtresse de maison a totalement craqué pour un rose flamboyant, une fantaisie pleine de douceur. Profiter de leur maison été comme hiver, c’était la volonté de ce couple. Alors, pour parfaire cet endroit fonctionnel et joli, ils y ont installé une piscine intérieure, conçue par Espace Pis- cine, qui aux beaux jours, est baignée des rayons du soleil. Moderne et sobre, l’endroit est tout simplement ce qu’ils avaient imaginé.

 

BULTHAUP à La Roche-sur-Yon - Loizeau Eric Electricien à La Roche-sur-Yon
 - LBLF architectes Laure Brousseau et Laurent Feinte à La Roche-sur-Yon - Espaces Piscines à La Roche-sur-Yon et Sallertaine -Le Duramen à La Chaize-le-Vicomte

Essence baroque et esprit contemporain

Le 10 janvier 2018

Rêves d’Intérieurs – Edition 2012

Photos : Cécile Langlois

Textes : Jenny Launay

En 2005, Sandrine et William souhaitaient quitter le centre-ville des Sables-d’Olonne et cherchaient l’endroit idéal pour créer l’atmosphère de leurs rêves. C’est non loin du lac de Tanchet et du quartier des Présidents, qu’ils ont déniché une petite villa ancienne, qui ne demandait qu’à devenir grande.

L’architecte Frédéric Périot a été mandaté pour multiplier les volumes de l’habitation. Le couple désirait préserver et moderniser les vieilles pierres, mais aussi bénéficier de grandes pièces de vie, lumineuses. Avec une entreprise à gérer, de nombreux voyages d’affaires, deux petites filles et beaucoup d’amis à recevoir, les propriétaires devaient trouver la réponse à de multiples exigences. Les soixante mètres carrés au sol plus étage et grenier, du départ, ont trouvé leur extension dans le grand jardin, sur l’arrière de la demeure, laissant tout de même la place pour une piscine. Le maître de maison explique : « Au dos de la maison, il y avait deux pignons, en les voyant l’architecte a eu l’idée de génie de les garder, puis de les prolonger vers l’arrière. Cela donne toute son originalité au projet et un style unique ! » Trois années de travaux ont suivi, pour aboutir au résultat voulu. Une fois les choses rentrées dans l’ordre, cette « fondue » de la couleur rose s’en est donné à cœur joie avec sa teinte fétiche pour créer une ambiance éclectique, comme une traversée des siècles, interprétée au goût du jour.

Le rez-de-chaussée de l’ancienne maison a été astucieusement redistribué, à l’aide de séparations métalliques qui seront ultérieurement habillées par des panneaux de verre colorés réalisés par SOCOM à Olonne-Sur-Mer. Ainsi dès l’entrée, les enfants, deux fillettes, disposent de leur mini royaume. Elles peuvent accueillir leurs copines dans un véritable petit salon de jeu et profiter à loisirs d’un univers « so much girly ! » La partie gauche de ce nouvel espace d’accueil est organisée en bureau, y trônent deux meubles marins à tiroirs (Normandy, spécialiste à Brest du mobilier de paquebot) destinés à accueillir les papiers. Sur tous les sols de la maison, William a posé et poncé des planches de volige en pin, que Sandrine s’est ensuite chargée de les teinter et huiler. Le passage par une porte à imposte en mosaïque de verre, importée d’Inde, transporte l’imagination vers un lointain passé colonial. Le plan totalement ouvert qui distribue les espaces dédiés à la réception et aux repas laisse la lumière entrer à flots. L’organisation de l’ensemble, arrangé dans un style « baroque mais light ! » dixit Sandrine, permet de profiter pleinement des choix décoratifs effectués par les occupants. Tous les plafonds ainsi que les murs de la chambre parentale ont été peints par la société Patrick Burneleau de la Mothe Achard. Puis Sandrine a appliqué les patines colorées dans les tons prune et brun. La dynamique de l’escalier tournant en fer, fait sur mesure, attire irrésistiblement le regard alors que l’imposante hauteur de plafond est atténuée en douceur grâce à une multitude de lustres à pampilles. Ici et là sont déposées des malles en cuir, dégotées par Sandrine au fil de pérégrinations chineuses, comme un appel au voyage. Le regard suit son chemin en direction des nombreuses baies embrassant le jardin, à la rencontre des palmiers qui s’épanouissent au sud-est de la maison, laissant flotter un parfum d’exotisme.

Les radiateurs anciens ont été trouvés chez un brocanteur de Montreuil et peints de la même teinte que l’escalier. La dimension intemporelle de l’ensemble est préservée grâce aux meubles de métier De Kercoet qui jalonnent l’espace voué aux repas. Quatre chaises blanches en acrylique offrent un contrepoint tonique et actuel au meuble massif, servant à la fois de bar, de plan de travail et d’évier. Les accessoires inox de la cuisine ont été soigneusement sélectionnés par le maître des lieux qui officie là dans son domaine exclusif. Avec ses origines, à la fois Basques et Béarnaises, William aime concocter des petits plats pour toute la famille, mais aussi accueillir les copains « pour une bonne bouffe à la maison en regardant un match de rugby, par exemple ». Une judicieuse association entre un réfrigérateur élégamment revêtu de boiseries provenant du brésil et une table ornée de vaisselle originale, création de l’Italien Seletti, crée un lieu convivial. En point d’orgue à la contribution de l’ambiance hospitalière, l’étagère à bouteilles de vins de Kercoet reste bien garnie et visible, non loin de la table.

En arrivant au premier étage, une pause est suggérée par un fauteuil club, fabriqué par le Corrézien Bournas, et un palier de verre permet de voir le rez-de-chaussée. C'est ici que s'installe l'espace parental, dans le blanc éclatant des murs et des sols, en volige peinte toujours.  L'absence de cloison met en valeur la simplicité des lignes, imprégnées de luminosité naturelle. Les fonctions douche, dressing et bain s'articulent audacieusement dans la pièce, simplement délimitées par les accessoires. Indépendante, la baignoire aux courbes sophistiquées suggère des moments de contemplation à l'heure du bain. Le soir venu, les stores intérieurs vénitiens en bois apporteront l'intimité.

Les filles recèlent bien des secrets de princesses dans leurs royaumes respectifs, séparés par une salle de bains. Les meubles d'enfants ont été trouvés chez Blanc d'Ivoire. Plus haut encore, transformés en chambre d'amis, les combles ont gardé le charme délicat des temps anciens. L'élégance romantique du blanc, déclinée avec du linge signé Yves Delorme, apporte un cachet supplémentaire d'authenticité.

Jardin : mobilier, chaises et tables FERMOB à retrouver à la Menuiserie ou à Villa d’Azur à Challans ou Noirmoutier.
Le sol en grès blanc PORCELANOSA.

Peinture : Patrick Burneleau à La Mothe-Achard.
Meubles de métiers et chaises, www.dekercoet.com, à retrouver chez Meubles Ledoux à la Roche-sur-Yon.

Mobilier enfants : BLANC D’IVOIRE chez UN JOUR, UNE MAISON au Château d’Olonne. Architecte Frédéric Périot, aux Sables-d’Olonne.

Panneaux de verre, SOCOM à Olonne-sur-Mer.

 

Une maison de campagne au bord de la mer

Le 9 janvier 2018

Rêves d’Intérieurs – Edition 2012 

Photos : Cécile Langlois

Il y a plus de dix ans, la première visite de la maison n’était guère encourageante, elle était en très mauvais état. En revanche elle possédait un grand jardin, c’est précisément ce qui a poussé les nouveaux propriétaires à changer. Catherine a dû lutter contre ses réticences, faire confiance à son mari, le pari a été engagé, et la rénovation a commencé. 

L’essentiel d’abord, ne pas changer la disposition des pièces. Les peintures et autres travaux de décoration seront faits, ensuite, petit à petit... A l’étage, les quatre chambres sont disparates en superficie mais qu’importe, rien n’a bougé. L’une, toute petite, est de facture très simple : un lit, une commode... L’autre, celle de l’arrière-grand-mère, est immense. Ouverte sur le jardin, elle invite à la méditation. Difficile d’ailleurs de résister à son charme d’antan, l’armoire 1900 assortie au grand lit côtoie un petit lit d’enfant. Comme dans un grenier, les souvenirs sont là, dans chaque meuble.  

Pas de grandes marques de mobilier contemporain, ni de décorateur d’intérieur, chaque objet a été chiné, récupéré, hérité avec sa vie d’avant. Dans le couloir du haut qui mène à la salle de bains, le mur lambrissé arbore l’une des nombreuses collections de Catherine : des petits miroirs, qui se retrouvent aussi dans la salle de bains. On trouve dans l’escalier qui conduit à l’étage, une multitude de chapeaux de paille. Un délicieux mélange qui donne un air frais et marin à la fois.  

Au rez-de-chaussée, la salle-à-manger située entre l’entrée et la cuisine, est une pièce toute en longueur. La sobriété est de mise. Posée sur le sol en tomettes, ce qui fait of ce de table, servait autrefois à tailler les draps. Ce meuble, long, permet aujourd’hui d’accueillir amis et famille pour partager des moments conviviaux. Et là, autre ambiance, autre collection... Ce sont les assiettes à dessert qui s’exposent, toutes différentes. Dans la cuisine, les placards sont tout simplement uniques et ingénieux. Des petites niches avec clapets, aménagées dans les murs très épais servent de rangement. De la récupération de meubles donne un côté vieillot. A l’intérieur comme à l’extérieur, cette maison de vacances est pleine de charme. La cour avec son puits prend des allures de patio l’été et devient une pièce à part entière où il fait bon vivre et recevoir avec une vue imprenable sur les marais salants. Calme, cette demeure est un véritable havre de paix pour qui sait l’apprécier. Un petit coin de paradis si proche de la mer, sans que rien vraiment, ne rappelle sa présence, si ce n’est un brin d’air iodé. 

En Brière

Le 12 décembre 2017

Photos : Cécile Langlois
Textes : Léa Clémence

Rêves d’Intérieurs – Edition 2015

Entre Guérande et Saint Lyphard, au cœur du parc naturel de Brière, se trouve le hameau de Kerbourg. C’est là, dans cette ancienne ferme, qu’Annie et Daniel ont choisi de poser leurs bagages.

En 1975 ce couple souhaitaient respirer à la fois l’air de la campagne et de la mer et profiter d’un habitat spacieux possédant le charme des maisons de caractère. C’était alors un vrai pari, il fallait que l’imagination soit au rendez-vous car le toit en chaume de cette pittoresque bâtisse s’était écroulé et le sol était en terre battue. Comme toutes les chaumières briéronnes, ses murs sont bas, percés en façade d’une porte, d’une fenêtre et d’une lucarne à la hauteur du grenier. Ses dimensions sont modestes - 70 m2 au sol. C’est ce qui a conduit le couple à acquérir une maison attenante pour accroître l’espace habitable et installer l’atelier d’ébénisterie de Daniel.

Les travaux ont duré trois ans. Il fallait notamment respec- ter les contraintes architecturales liées à la proximité des espaces protégés du parc naturel de Brière... Qu’à cela ne tienne, une bonne dose d’énergie et l’aide de copains leur ont permis de réaliser eux- mêmes la majorité des travaux. Evidemment, quelques professionnels sont intervenus comme Christophe Anezo, chaumier, dont ils ont apprécié la qualité relationnelle et le savoir-faire.

Annie et Daniel aiment le beau, le travail bien fait mais la relation à l’autre a aussi une place importante dans leur vie. C’est ce qui a, en partie, guidée la conception de leur chaumière.

« Il y a toujours beaucoup de passage à la maison. Nous accueillons même deux à trois fois par an des soirées théâtre ou des concerts. Pour moi, une maison, c’est un lieu de convivialité », dit Annie. Le couple désirait donc de grands espaces. Ainsi, la cuisine et le salon du rez de chaussée occupe 70 m2, de quoi véritablement accueillir leurs invités et s’adonner au plaisir de cuisiner avec des produits locaux.

Un autre critère important pour eux, c’est la lumière. Tout a été pensé pour qu’elle inonde le plus possible l’habitation : les baies vitrées à l’arrière, les peintures blanches sur les murs, les parquets d’un léger gris ou en châtaigner clair dans les chambres du premier étage.

Côté décoration, Annie ne voulait pas « d’une maison chichiteuse, une maison musée. Une maison, c’est fait pour vivre. J’aime le beau mais je ne me demande pas chaque matin où placer tel objet ». Même si elle et son mari aiment harmoniser les espaces en créant des univers différents dans chaque pièce, il n’était pas question de tout acheter. Sensible depuis longtemps au développement durable, Ils ont donc meublé leur maison au gré de leurs coups de cœur soit en chinant, soit en recyclant, soit en détournant. Ils ont aussi adopté cette démarche en choisissant le chaume pour la toiture, le bois pour le chauffage ainsi que pour les sols et les cloisons à l’étage. Il n’y a, pas de plâtre dans la maison, que des matériaux nobles pour accompagner la pierre.

A quoi ressemblent aujourd’hui les maisons au pays du soleil levant ?

Le 22 septembre 2017

Textes : César Marzougui
Un reportage du magazine Rêves d'Intérieurs Loire Atlantique #13

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les maisons japonaises s’occidentalisent. Cependant, le fier Pays du Soleil Levant a su préserver sa culture au sein de son foyer. Dans chaque intérieur nippon qui se respecte, vous trouverez toujours une petite pièce au sol recouvert de tatamis. Encore aujourd’hui, l’unité de mesure pour les pièces de la maison correspond aux dimensions de ce tapis, soit 90 cm de largeur pour 180 cm de longueur. Ce coin nostalgique de la maison permet de recevoir les invités, pour y manger, boire le thé ou dormir en installant un futon. Dans cette pièce - fermée par une porte coulissante en papier sur cadre de bois ou shoji - se trouve le tokonoma, sorte d’alcôve encastrée dans un des murs. C’est un espace sacré qui porte un autel et peut être décoré mais ne doit exercer aucune autre fonction.

 

La tendance pour la déco d’intérieur est marquée par le principe du wabi-sabi, même si tous ne la suivent pas. Wabi : simplicité, nature. Sabi : l’inexorable usure du temps. Cette philosophie s’inspire de l’esprit zen. Elle favorise les couleurs naturelles et les matériaux bruts. On laisse paraître les traces d’usure et les petits accros pour faire ressortir l’idée du temps qui passe inévitablement. Bois, pierres et galets, poterie raku...Quelques bols sur une étagère. La modestie et la sobriété s’illustrent aussi à travers les meubles dont l’utilité est aussi importante que l’esthétisme, la simplicité des lignes et le choix de matériaux simples et naturels.
La cuisine, même la plus moderne, garde ses instruments traditionnels dans une version évoluée. On trouvera un tepaniaki et un cuiseur de riz, voire même un foyer traditionnel japonais, irori.

La salle de bain est un lieu de convivialité, divisé en deux espaces : la baignoire et le coin des ablutions où se trouve un tabouret en bois ainsi qu’un lavabo. L’hygiène étant une des priorités des Japonais, le cérémonial autour de ce lieu de détente est pris très au sérieux. Les membres d’une même famille y prennent souvent leur bain ensemble pour échanger... tout en se frottant le dos.

Enfin, wasi-sabi ou pas, il est impossible de parler de maison japonaise sans aborder le sujet des toilettes. En effet, les fameuses toilettes à bidet, équipées d’un jet d’eau intégré et destiné à remplacer le papier, sont présentes dans la majorité des foyers modernes nippons. Ces petits bijoux de la technologie des excréments possèdent plusieurs autres fonctionnalités telles que séchage, siège chauffant, réglage du jet d’eau, chasse d’eau et lunette automatique, système anti-odeur et même massage, le tout contrôlé par un boitier sans fil...