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Une maison à leur image

Le 11 janvier 2018

Rêves d’Intérieurs – Edition 2012

Photos : Cécile Langlois

Ce couple voulait une demeure qui leur ressemble. Qu’à cela ne tienne, ils l’ont construite. Depuis un an désormais, ils y vivent avec leurs trois enfants et elle correspond en tous points à leurs attentes.

Il faut souligner qu’il s’agit de leur troisième maison... Autant dire que l’expérience aidant, les propriétaires savaient évidemment ce qu’ils voulaient et surtout ce qu’ils ne voulaient pas. L’idée générale était un espace moderne en parfaite harmonie avec leurs goûts. Avec l’aide du cabinet d’architecte LBLF à la Roche-sur-Yon, ils ont posé sur papier ce qui est, aujourd’hui, une superbe construction d’une surface de 350m2. Comme monsieur est un peu de la partie, c’est lui qui a suivi l’avancée des travaux. Il y a même mis sa patte en dessinant, entre autres, l’escalier qui mène aux chambres des enfants. Pas d’enchevêtrements inutiles, au rez-de-chaussée, les pièces s’alignent les unes après les autres pour offrir un espace pratique et facile à vivre. La cuisine a fait l’objet de toutes les attentions. Madame avait une exigence première : pas d’ouverture directe sur la salle-à-manger. Une porte coulissante sépare donc les deux endroits. Discrète et esthétique à la fois, elle permet de cacher l’éventuel désordre de ce lieu de vie. Chaque décision s’est appuyée sur une documentation fournie. Madame confie même avoir feuilleté une multitude de magazines de décoration afin d’y pêcher des idées. Bien qu’ayant quelques idées précises sur l’aménagement de leur cuisine, voulant surtout un espace confortable et une grande sobriété, ils en ont confié l’aménagement à un grand spécialiste du genre : Bulthaup. L’idéal pour éviter toute fausse note et profiter des conseils et du savoir-faire.

Ouverte sur le jardin avec de larges baies vitrées, la clarté naturelle de la pièce est accentuée par un mobilier blanc au design épuré. Pas de poignées apparentes, des façades laquées... Seul le plan de travail noir se prolongeant en table de cuisine crée un contraste dans cette pièce à la blancheur étincelante. Le coin repas placé au milieu peut accueillir toute la famille de manière conviviale et facile. L’univers y est moderne dans les moindres détails... Des sièges italiens, des suspensions discrètes, tout est de même tonalité. Matériaux stratifiés, chants soudés... Le mobilier allie finesse et robustesse. L’électroménager, les appareils techniques, ont été choisis avec l’aide du cuisiniste dans la gamme Gaggenau pour un mariage harmonieux. Ici, rien ne heurte le regard. La décoration est homogène. Les pièces à vivre sont d’ailleurs toutes recouvertes du même carrelage gris de chez Porcelanosa qui donne au sol un style béton ciré.

D’une grande simplicité, le salon ouvre sur la salle-à-manger et sur l’entrée. Tout en nuance, ici aussi, le gris et le blanc dominent. Canapé, fauteuils et meubles sont issus de la collection Ligne Roset trouvés chez le décorateur Billaud. Seule exception colorée dans cette maison moderne et délicate à la fois, le mur et le couloir qui longent l’escalier. La maîtresse de maison a totalement craqué pour un rose flamboyant, une fantaisie pleine de douceur. Profiter de leur maison été comme hiver, c’était la volonté de ce couple. Alors, pour parfaire cet endroit fonctionnel et joli, ils y ont installé une piscine intérieure, conçue par Espace Pis- cine, qui aux beaux jours, est baignée des rayons du soleil. Moderne et sobre, l’endroit est tout simplement ce qu’ils avaient imaginé.

 

BULTHAUP à La Roche-sur-Yon - Loizeau Eric Electricien à La Roche-sur-Yon
 - LBLF architectes Laure Brousseau et Laurent Feinte à La Roche-sur-Yon - Espaces Piscines à La Roche-sur-Yon et Sallertaine -Le Duramen à La Chaize-le-Vicomte

Essence baroque et esprit contemporain

Le 10 janvier 2018

Rêves d’Intérieurs – Edition 2012

Photos : Cécile Langlois

Textes : Jenny Launay

En 2005, Sandrine et William souhaitaient quitter le centre-ville des Sables-d’Olonne et cherchaient l’endroit idéal pour créer l’atmosphère de leurs rêves. C’est non loin du lac de Tanchet et du quartier des Présidents, qu’ils ont déniché une petite villa ancienne, qui ne demandait qu’à devenir grande.

L’architecte Frédéric Périot a été mandaté pour multiplier les volumes de l’habitation. Le couple désirait préserver et moderniser les vieilles pierres, mais aussi bénéficier de grandes pièces de vie, lumineuses. Avec une entreprise à gérer, de nombreux voyages d’affaires, deux petites filles et beaucoup d’amis à recevoir, les propriétaires devaient trouver la réponse à de multiples exigences. Les soixante mètres carrés au sol plus étage et grenier, du départ, ont trouvé leur extension dans le grand jardin, sur l’arrière de la demeure, laissant tout de même la place pour une piscine. Le maître de maison explique : « Au dos de la maison, il y avait deux pignons, en les voyant l’architecte a eu l’idée de génie de les garder, puis de les prolonger vers l’arrière. Cela donne toute son originalité au projet et un style unique ! » Trois années de travaux ont suivi, pour aboutir au résultat voulu. Une fois les choses rentrées dans l’ordre, cette « fondue » de la couleur rose s’en est donné à cœur joie avec sa teinte fétiche pour créer une ambiance éclectique, comme une traversée des siècles, interprétée au goût du jour.

Le rez-de-chaussée de l’ancienne maison a été astucieusement redistribué, à l’aide de séparations métalliques qui seront ultérieurement habillées par des panneaux de verre colorés réalisés par SOCOM à Olonne-Sur-Mer. Ainsi dès l’entrée, les enfants, deux fillettes, disposent de leur mini royaume. Elles peuvent accueillir leurs copines dans un véritable petit salon de jeu et profiter à loisirs d’un univers « so much girly ! » La partie gauche de ce nouvel espace d’accueil est organisée en bureau, y trônent deux meubles marins à tiroirs (Normandy, spécialiste à Brest du mobilier de paquebot) destinés à accueillir les papiers. Sur tous les sols de la maison, William a posé et poncé des planches de volige en pin, que Sandrine s’est ensuite chargée de les teinter et huiler. Le passage par une porte à imposte en mosaïque de verre, importée d’Inde, transporte l’imagination vers un lointain passé colonial. Le plan totalement ouvert qui distribue les espaces dédiés à la réception et aux repas laisse la lumière entrer à flots. L’organisation de l’ensemble, arrangé dans un style « baroque mais light ! » dixit Sandrine, permet de profiter pleinement des choix décoratifs effectués par les occupants. Tous les plafonds ainsi que les murs de la chambre parentale ont été peints par la société Patrick Burneleau de la Mothe Achard. Puis Sandrine a appliqué les patines colorées dans les tons prune et brun. La dynamique de l’escalier tournant en fer, fait sur mesure, attire irrésistiblement le regard alors que l’imposante hauteur de plafond est atténuée en douceur grâce à une multitude de lustres à pampilles. Ici et là sont déposées des malles en cuir, dégotées par Sandrine au fil de pérégrinations chineuses, comme un appel au voyage. Le regard suit son chemin en direction des nombreuses baies embrassant le jardin, à la rencontre des palmiers qui s’épanouissent au sud-est de la maison, laissant flotter un parfum d’exotisme.

Les radiateurs anciens ont été trouvés chez un brocanteur de Montreuil et peints de la même teinte que l’escalier. La dimension intemporelle de l’ensemble est préservée grâce aux meubles de métier De Kercoet qui jalonnent l’espace voué aux repas. Quatre chaises blanches en acrylique offrent un contrepoint tonique et actuel au meuble massif, servant à la fois de bar, de plan de travail et d’évier. Les accessoires inox de la cuisine ont été soigneusement sélectionnés par le maître des lieux qui officie là dans son domaine exclusif. Avec ses origines, à la fois Basques et Béarnaises, William aime concocter des petits plats pour toute la famille, mais aussi accueillir les copains « pour une bonne bouffe à la maison en regardant un match de rugby, par exemple ». Une judicieuse association entre un réfrigérateur élégamment revêtu de boiseries provenant du brésil et une table ornée de vaisselle originale, création de l’Italien Seletti, crée un lieu convivial. En point d’orgue à la contribution de l’ambiance hospitalière, l’étagère à bouteilles de vins de Kercoet reste bien garnie et visible, non loin de la table.

En arrivant au premier étage, une pause est suggérée par un fauteuil club, fabriqué par le Corrézien Bournas, et un palier de verre permet de voir le rez-de-chaussée. C'est ici que s'installe l'espace parental, dans le blanc éclatant des murs et des sols, en volige peinte toujours.  L'absence de cloison met en valeur la simplicité des lignes, imprégnées de luminosité naturelle. Les fonctions douche, dressing et bain s'articulent audacieusement dans la pièce, simplement délimitées par les accessoires. Indépendante, la baignoire aux courbes sophistiquées suggère des moments de contemplation à l'heure du bain. Le soir venu, les stores intérieurs vénitiens en bois apporteront l'intimité.

Les filles recèlent bien des secrets de princesses dans leurs royaumes respectifs, séparés par une salle de bains. Les meubles d'enfants ont été trouvés chez Blanc d'Ivoire. Plus haut encore, transformés en chambre d'amis, les combles ont gardé le charme délicat des temps anciens. L'élégance romantique du blanc, déclinée avec du linge signé Yves Delorme, apporte un cachet supplémentaire d'authenticité.

Jardin : mobilier, chaises et tables FERMOB à retrouver à la Menuiserie ou à Villa d’Azur à Challans ou Noirmoutier.
Le sol en grès blanc PORCELANOSA.

Peinture : Patrick Burneleau à La Mothe-Achard.
Meubles de métiers et chaises, www.dekercoet.com, à retrouver chez Meubles Ledoux à la Roche-sur-Yon.

Mobilier enfants : BLANC D’IVOIRE chez UN JOUR, UNE MAISON au Château d’Olonne. Architecte Frédéric Périot, aux Sables-d’Olonne.

Panneaux de verre, SOCOM à Olonne-sur-Mer.

 

Une maison de campagne au bord de la mer

Le 9 janvier 2018

Rêves d’Intérieurs – Edition 2012 

Photos : Cécile Langlois

Il y a plus de dix ans, la première visite de la maison n’était guère encourageante, elle était en très mauvais état. En revanche elle possédait un grand jardin, c’est précisément ce qui a poussé les nouveaux propriétaires à changer. Catherine a dû lutter contre ses réticences, faire confiance à son mari, le pari a été engagé, et la rénovation a commencé. 

L’essentiel d’abord, ne pas changer la disposition des pièces. Les peintures et autres travaux de décoration seront faits, ensuite, petit à petit... A l’étage, les quatre chambres sont disparates en superficie mais qu’importe, rien n’a bougé. L’une, toute petite, est de facture très simple : un lit, une commode... L’autre, celle de l’arrière-grand-mère, est immense. Ouverte sur le jardin, elle invite à la méditation. Difficile d’ailleurs de résister à son charme d’antan, l’armoire 1900 assortie au grand lit côtoie un petit lit d’enfant. Comme dans un grenier, les souvenirs sont là, dans chaque meuble.  

Pas de grandes marques de mobilier contemporain, ni de décorateur d’intérieur, chaque objet a été chiné, récupéré, hérité avec sa vie d’avant. Dans le couloir du haut qui mène à la salle de bains, le mur lambrissé arbore l’une des nombreuses collections de Catherine : des petits miroirs, qui se retrouvent aussi dans la salle de bains. On trouve dans l’escalier qui conduit à l’étage, une multitude de chapeaux de paille. Un délicieux mélange qui donne un air frais et marin à la fois.  

Au rez-de-chaussée, la salle-à-manger située entre l’entrée et la cuisine, est une pièce toute en longueur. La sobriété est de mise. Posée sur le sol en tomettes, ce qui fait of ce de table, servait autrefois à tailler les draps. Ce meuble, long, permet aujourd’hui d’accueillir amis et famille pour partager des moments conviviaux. Et là, autre ambiance, autre collection... Ce sont les assiettes à dessert qui s’exposent, toutes différentes. Dans la cuisine, les placards sont tout simplement uniques et ingénieux. Des petites niches avec clapets, aménagées dans les murs très épais servent de rangement. De la récupération de meubles donne un côté vieillot. A l’intérieur comme à l’extérieur, cette maison de vacances est pleine de charme. La cour avec son puits prend des allures de patio l’été et devient une pièce à part entière où il fait bon vivre et recevoir avec une vue imprenable sur les marais salants. Calme, cette demeure est un véritable havre de paix pour qui sait l’apprécier. Un petit coin de paradis si proche de la mer, sans que rien vraiment, ne rappelle sa présence, si ce n’est un brin d’air iodé. 

En Brière

Le 12 décembre 2017

Photos : Cécile Langlois
Textes : Léa Clémence

Rêves d’Intérieurs – Edition 2015

Entre Guérande et Saint Lyphard, au cœur du parc naturel de Brière, se trouve le hameau de Kerbourg. C’est là, dans cette ancienne ferme, qu’Annie et Daniel ont choisi de poser leurs bagages.

En 1975 ce couple souhaitaient respirer à la fois l’air de la campagne et de la mer et profiter d’un habitat spacieux possédant le charme des maisons de caractère. C’était alors un vrai pari, il fallait que l’imagination soit au rendez-vous car le toit en chaume de cette pittoresque bâtisse s’était écroulé et le sol était en terre battue. Comme toutes les chaumières briéronnes, ses murs sont bas, percés en façade d’une porte, d’une fenêtre et d’une lucarne à la hauteur du grenier. Ses dimensions sont modestes - 70 m2 au sol. C’est ce qui a conduit le couple à acquérir une maison attenante pour accroître l’espace habitable et installer l’atelier d’ébénisterie de Daniel.

Les travaux ont duré trois ans. Il fallait notamment respec- ter les contraintes architecturales liées à la proximité des espaces protégés du parc naturel de Brière... Qu’à cela ne tienne, une bonne dose d’énergie et l’aide de copains leur ont permis de réaliser eux- mêmes la majorité des travaux. Evidemment, quelques professionnels sont intervenus comme Christophe Anezo, chaumier, dont ils ont apprécié la qualité relationnelle et le savoir-faire.

Annie et Daniel aiment le beau, le travail bien fait mais la relation à l’autre a aussi une place importante dans leur vie. C’est ce qui a, en partie, guidée la conception de leur chaumière.

« Il y a toujours beaucoup de passage à la maison. Nous accueillons même deux à trois fois par an des soirées théâtre ou des concerts. Pour moi, une maison, c’est un lieu de convivialité », dit Annie. Le couple désirait donc de grands espaces. Ainsi, la cuisine et le salon du rez de chaussée occupe 70 m2, de quoi véritablement accueillir leurs invités et s’adonner au plaisir de cuisiner avec des produits locaux.

Un autre critère important pour eux, c’est la lumière. Tout a été pensé pour qu’elle inonde le plus possible l’habitation : les baies vitrées à l’arrière, les peintures blanches sur les murs, les parquets d’un léger gris ou en châtaigner clair dans les chambres du premier étage.

Côté décoration, Annie ne voulait pas « d’une maison chichiteuse, une maison musée. Une maison, c’est fait pour vivre. J’aime le beau mais je ne me demande pas chaque matin où placer tel objet ». Même si elle et son mari aiment harmoniser les espaces en créant des univers différents dans chaque pièce, il n’était pas question de tout acheter. Sensible depuis longtemps au développement durable, Ils ont donc meublé leur maison au gré de leurs coups de cœur soit en chinant, soit en recyclant, soit en détournant. Ils ont aussi adopté cette démarche en choisissant le chaume pour la toiture, le bois pour le chauffage ainsi que pour les sols et les cloisons à l’étage. Il n’y a, pas de plâtre dans la maison, que des matériaux nobles pour accompagner la pierre.

Un panoramique pour vos murs

Le 4 décembre 2017

Rêves d’Intérieurs – Edition 2017 (Cholet)

La tendance est au mix peinture et papier peint à motifs. Lejeune Décoration vous propose une option supplémentaire, le panoramique sur-mesure et facile à poser. Dans le show-room de 200 m2, situé en plein cœur de Nantes, vous découvrirez toutes les déclinaisons de ce revêtement mural ainsi qu’un univers entièrement dédié à votre intérieur : papiers peints et peintures teintées sur place, sols souples et parquets, voilages, rideaux et stores, tissus d’ameublement, meubles, tapis et accessoires. Tout ce que vous trouverez ici peut être posé, aménagé et confectionné par l’équipe des professionnels du magasin.

LEJEUNE DECORATION
12 rue sarrazin (fond d’impasse) 44000 NANTES (quartier Viarme)
Tel :  02.51.25.08.25
Nos horaires show-room (02.51.25.08.28) :
Lundi: 14h00 à 18h30 - Mardi au vendredi: 10h à 12h/ 14h00 à 18h30 - Samedi : 10h à 13h
www.lejeunedeco.com

De l’art d’être ébéniste

Le 6 novembre 2017

Textes : Valérie Samouel

Rêves d’Intérieurs – Edition 2017 (Cholet)

 

Fabrice Leblanc est ébéniste, spécialisé dans la restauration de meubles et objets en bois. Les techniques qu’il utilise visent à rendre à chacun d’entre eux leur fonctionnalité et leur esthétique tout en leur permettant de traverser le temps. Du rustique à la marqueterie, quelles que soient les époques, Fabrice s’attache à comprendre l’histoire et la fabrication de chaque pièce qu’il aborde. Collectionneurs, monuments historiques et particuliers lui confient leurs objets rares ou aimés. Sous ses doigts, les techniques de travail anciennes côtoient les plus modernes tout en privilégiant toujours l’authentique, le réversible, le naturel et le bio. Formé en ébénisterie, puis en sculpture dans la prestigieuse école Boulle, Fabrice a multiplié les formations et les expériences avant de créer son propre atelier en 1999. L’an dernier, il choisit de transporter son activité à Montrevault-sur-Evre et ne le regrette pas ! Amoureux de son art, du beau geste, Fabrice prend le temps de transmettre son savoir-faire à de jeunes apprentis et participe aux divers événements dédiés à l’artisanat de tradition.

www.ebenisterieleblanc.com

Grandeur Nature

Le 1 novembre 2017

Textes : Cécile Fraboul

Rêves d’Intérieurs – Edition 2017 (Cholet)

600 mètres carrés de surface au sol, 8 mètres de hauteur sous faîtage et, autour, 90 hectares de terre : redimensionner la démesure.

Le hameau et la ferme sont dans la même famille depuis plus d’un siècle. Fallait-il laisser le temps dénouer les liens ou, à l’exemple des anciens béguinages, réunir la petite communauté de cousins en leur fief ? Pour que l’histoire continue, l’idée de donner une seconde vie à la grange, bâtiment central à plus d’un titre, était séduisante. À condition de prendre la mesure du colossal chantier.
 Avec un tel volume d’un seul tenant, l’espace est à la fois un allié et un ennemi. Parfois, la sagesse doit retenir l’élan... Pour autant, modération n’est pas abdication. Tiers par tiers, pas à pas, le lieu renaît. Avec une double vocation : devenir habitation principale et abriter des activités équestres (élevage de chevaux, accueil de cavaliers, formation et coaching). Ce qui a déjà été accompli témoigne de ce que la réalité a concédé au rêve, et révèle qu’à l’impossible chaque artisan s’est tenu. Ancienne étable dénaturée, le bâtiment a repris forme au terme de patients et ingénieux travaux. Pour commencer, une partie de la charpente en chêne a été démontée et reprise à neuf, et la portée des poutres contenue par des poteaux, afin que la structure, fièrement redressée, soit prête à reprendre un rôle-titre.
 Dehors comme dedans, bois et pierre ont invoqué l’héritage. Dedans, un plancher a été posé pour inventer une habitation en duplex. Dehors, les murs ont été relevés et consolidés par une ossature bois, afin que l’ensemble ait l’assise du legs perpétuel. Et comme le diable n’est pas le seul à se loger dans le détail, à l’étage, les ouvertures ont été percées dans la façade. Il n’était pas question de céder à la facilité en installant des fenêtres de toit qui auraient falsifié le « testament patrimonial » !
 Partout, l’astuce s’est jouée des obstacles pour prévenir les problèmes. La baie vitrée, qui habille majestueusement la façade Ouest, a été installée en retrait, afin de protéger la bâtisse de la pluie et des vents dominants. Pour l’isolation thermique, la fibre de bois a été choisie pour le confort qu’elle procure aussi bien que pour sa réputation de retardateur de feu. À l’étage, une chape de sol fermacell a apporté sa légèreté et sa capacité à atténuer les bruits. Les trouvailles ont gagné jusqu’au bac de douche, créé en matériau composite d’un seul bloc pour limiter les interstices et les joints.

Côté décoration, si l’aspect fonctionnel s’est invité, à aucun moment il n’a pris le pas sur l’envie de beau et de bien-être. La cheminée classique répond au poêle à bois contemporain, pour rappeler ce que le présent doit au passé, mais pas seulement. Combinés à l’aérothermie et au plancher chauffant, ils sont deux apports de chaleur à l’intersaison. Les meubles, récupérés ou chinés, rassurent par leur densité et leur calibre ; ils emplissent l’espace avec l’autorité nécessaire. Au sol, la pierre naturelle et le jonc de mer, tout comme le béton poreux en terrasse sont là pour rappeler qu’à la campagne, la matière se vit.

En somme, plutôt que de les inciter à bâtir des châteaux en Espagne, la grange du bocage vendéen a suggéré à ses propriétaires de laisser leur imagination s’échapper vers un avenir (re)fondateur.

Les mains dans le cambouis !

Le 31 octobre 2017

Photos : Cécile Langlois - Textes : Stéphanie Pasgrimaud

Rêves d’Intérieurs – Edition 2012

Une situation idéale, près de la mer, et de l’espace... Cet ancien hangar automobile offre désormais tous les atouts d’une maison agréable à vivre.

Depuis 4 ans, la famille occupe ce qui était un garage. La transformation n’a pas été des plus facile et c’est monsieur qui a endossé la fonction de maître d’œuvre pour suivre pas-à-pas l’aménagement des lieux. Avant toute chose, il a fallu refaire la toiture a n d’isoler au mieux le bâtiment sans perdre ce qui en fait son atout : le volume. Aujourd’hui, il ne reste plus rien de l’activité mécanique... Loin de cet univers d’huile et de cambouis, l’ambiance est chaleureuse.

 

Bois et lumière

Pour casser la froideur métallique, cette famille a choisi de donner une large place au bois. Le matériau fait of ce de plancher, un parquet chauffant qui permet de garder une température agréable dans cette vaste maison. Tout le système de chauffage a été étudié minutieusement par un spécialiste en énergies renouvelables. Le bois contraste avec la blancheur des murs comme dans le couloir qui conduit aux chambres des enfants.

Incroyable d’imaginer qu’il y a quelques années seulement, l’univers, ici, était très probablement gris et sombre. Aujourd’hui, la lumière y est reine. Les ouvertures nombreuses s’ouvrent sur l’intérieur comme sur l’extérieur, histoire de ne pas perdre une once de clarté. Pour pro ter de cette incroyable hauteur de plafond, la chambre principale est perchée au- dessus du salon. Une position surélevée qui grâce à une large surface vitrée permet d’avoir une vue imprenable sur cette pièce de vie.

Toujours dans ce même souci de préserver cette lumière qui envahit les lieux, le blanc domine l’essentiel des pièces. Même si par endroit, la couleur se fait une place. Un mur par-ci, par-là, comme dans la cuisine. Vaste espace de convivialité, il s’organise autour d’un îlot central. Pas de chichi dans cette pièce à vivre, où tout le mobilier est laqué blanc. Dans cet univers noir et blanc, le coin repas se pare de ce bleu azur qui rappelle la mer des Caraïbes. A l’étage la salle de bains principale

Tendance et audace

Impossible de passer ou même d’ignorer ces grandes toiles très colorées qui tapissent certains murs. Rien qui n’ait beaucoup de valeur marchande mais qui fait son effet... Ce ne sont ni plus, ni moins des inspirations chinoises dégotées par monsieur lors de voyages d’affaires. En revanche, à l’étage dans la chambre principale, la toile orangée a été réalisée par Jeanne, une artiste de La Baule. Pour ce qui est du mobilier, les grandes marques comme Cinna ou Kartel se côtoient. Tout comme les meubles anciens trouvent leur place dans cette ambiance plutôt moderne. Un mariage tout en subtilité surprend et donne de la personnalité. Dans cette maison, le mobilier et les objets ordinaires cohabitent avec les pièces uniques. C’est le cas de la cheminée en tôle brute... Unique, en acier, elle est l’une des rares notes qui rappelle l’activité industrielle de ce lieu. Ici, les niveaux s’entrelacent mais jamais la lumière ne s’arrête. Et tous les matériaux (verre, Altuglas...) s’accordent à lui frayer un passage. Avec un jardin orienté au Sud et entouré de pins, la métamorphose est des plus réussies pour ce lieu désormais intime.

Jeanne artiste peintre - 06 68 23 34 79.

Parquet de la salle de bain, rampe d’accès en bois, marches de l’escalier, plan de travail laqué blanc sur-mesure, petit coin repas, isolation sandwichs avec lambris, portes et bibliothèque ont été réalisés par le menuisier Patrick Coquard Z.A. Villejames à Guérande - 02 40 42 53 43.

Le « menuisier inspiré »

Le

Photos : Cécile Langlois
Textes : Sandrine Lefebvre

Rêves d’Intérieurs – Edition 2012

Comme un musicien qui, maîtrisant parfaitement sa technique, s’en échappe pour composer de nouvelles œuvres, Jean-Yves Guezengar explore la création sans limites, sur des objets, meubles, décors, mais aussi, à titre plus personnel, sur ses sculptures et peintures.

Ce menuisier-ébéniste de formation, installé depuis près de onze ans à son compte, fabrique meubles, objets et décors d’ambiance (de bars, restaurants, boutiques). Sont ainsi à mettre à son profit le bar du restaurant “Jean de la Queue” à La Haye- Foussière (refait en 2009), composé de rangées de fonds de bouteilles et d’une longue tablette en étain, ou encore la vitrine à vins et la cave avec table d’hôtes de “La Civelle” à Trentemoult.

Jean-Yves Guezengar « mélange tous les matériaux, sans limites, y compris sans bois ». Il travaille donc aussi le métal, le verre, le plastique, l’étain plaqué ou encore le zinc. « La matière m’inspire, et la forme, quand celle-ci est déjà calibrée ». Souvent, il crée à partir de restes de matières accumulés : « Je fais de “l’éco-design” », sourit-il. Ses objets sont liés au décor intérieur, et « dotés d’une petite utilité » : bibelots, vases, tables basses... Ses envies créatrices rendent souvent très ténue la frontière entre travail artisanal et œuvre artistique. Ainsi, Jean-Yves Guezengar alterne entre création sur mesure, à la demande pour particuliers et professionnels selon des dimensions précises, et réalisation de petites sculptures ou encore de toiles polychromes sur bois qu’il expose à l’occasion. Il y a cinq ans, comme un compagnon, il s’est même fabriqué son “chef d’œuvre”, intitulé “l’œuf” : un meuble-sculpture d’un mètre de diamètre, présentoir à portes cylindriques tournantes, qui lui a demandé quatre cents heures de travail.

Passionné de technique —il ne rate jamais une occasion d’échanger sur ce sujet avec d’autres artisans—, ce « menuisier inspiré » comme il se décrit, a dernièrement élaboré un meuble design, qui, grâce au concours d’un mécène associé, va se développer à échelle industrielle. Cette cloison-étagère, d’un seul tenant vertical en bois de hêtre, bouleau et piètement en inox brossé, est entièrement modulable, grâce à des planches insérables, de taille différente. Pour une adaptation à nos intérieurs... sans limites.

Ventes à l’atelier, visites sur rendez-vous
35, La Rebourgère 44680 Maisdon-sur-Sèvre
www.atelierguezengar.com

XIII, XIV, XV, XVI : comment reconnaître les Louis ?

Le 12 octobre 2017

Textes : Thierry Frer

Sombre et austère, le style Louis XIII perpétue l’esprit Renaissance modifié par les influences italiennes, espagnoles et flamandes insufflées par Catherine de Médicis. La chaise à bras - le mot « fauteuil » apparaît sous Louis XIV -, le tabouret, le coffre et le banc sont les meubles courants de l’époque. L’armoire et le cabinet à la façade composée de tiroirs soutenue par des pieds torsadés sont les deux grandes créations du style. La géométrie est de rigueur : pointes de diamants, rosaces et tas de sable - petite pyramide à quatre pans. La cartouche ovale, convexe, ornée de courbes plissées évoquant le cuir, rompt avec cette rigidité. Les pieds des sièges tournés en chapelet, torsadés ou en balustre sont reliés par des entretoises en H qui en assurent la solidité. L’évolution du style annoncera le Louis XIV avec le pied en os de mouton qui inspirera celui en console imaginé par André-Charles Boulle. Les dossiers des sièges initialement bas et frangés se haussent. Les cabinets prestigieux sont plaqués d’ébène, voire incrustés de pierres précieuses, d’os, d’ivoire, d’écaille et d’étain, technique que Boulle améliorera avec sa marqueterie.

Le L XIII évolue vers le L XIV en affranchissant progressivement la structure des meubles de l’architecture, pour des besoins fonctionnels et de confort. Apparaissent les premiers bureaux.

Le mobilier L XIV se distingue en deux familles : le mobilier d’apparat orné des placages précieux de Boulle et le mobilier bourgeois en bois massif doré, en référence au Roi Soleil.

Les sièges L XIV ont les dossiers hauts et étroits. Les entretoises troquent le H contre le X reliant pieds en os de mouton en console ou en gaine à section carrée. Les accotoirs plus ondulés et parfois garnis d’une manchette rembourrée finissent en volute. Le fauteuil de confessionnal à oreillettes percées, ancêtre de la bergère, apparaît. Le bureau Mazarin - composé de caissons latéraux surélevés par huit pieds - remplace le cabinet. Boulle invente la commode. Ces meubles ainsi que les armoires sont ornés de « marqueterie Boulle », décor de placages composites, utilisant en outre l’écaille de tortue, découpés et collés sur l’armature consolidée de bronzes dorés pour la protéger des écarts de température. Le style somptueux et la richesse des matériaux contrastent avec le L XIII, mais la symétrie et la ligne droite restent d’actualité. Ces formes s’assoupliront pour devenir plus courbes et bombées sous le style Régence, ébauche du L XV.

Sans précédent, le style L XV ose l’asymétrie. Il s’en dégage légèreté et fantaisie. Une meilleure maîtrise des assemblages et de la résistance des bois permet de supprimer l’entretoise et d’explorer de nouvelles formes courbes comme les pieds galbés. Le bureau plat, plus large que le Mazarin n’a plus que quatre pieds. Sous L XIV, les meubles occupaient la périphérie des pièces. Repensés sous L XV pour occuper tout l’espace, l’envers des dossiers est aussi travaillé. Les formes des commodes et secrétaires aux façades galbées en plan et en élévation s’allègent. Les pièces étant plus petites et plus chaleureuses, le style joue la carte du confort et de l’innovation avec de nombreux petits meubles comme les tables de chevet, à ouvrages ou à jeux, à tiroirs et tablettes escamotables. Les bronzes dorés de motifs « Rocailles », inspirés d’une nature végétale et aquatique revisitée, contrastent avec les bronzes symétriques L XIV par leur asymétrie extravagante et tourmentée.

Le style Pompadour dit Transition, influencé par la découverte de Pompéi, s’inspire du classicisme de l’antiquité gréco-romaine. Ce retour à des formes raides et symétriques se confirme avec le style Louis XVI. Plus architecturée, la marqueterie alterne entre frisages géométriques et bouquets naturalistes. Les pieds de meubles sont droits, tournés, cannelés, fuselés ou en gaine. Les dossiers de sièges en médaillon ou en chapeau alternent avec les formes montgolfières ou en lyre. La table de salle à manger remplace la table de fortune dressée sur tréteaux.

Suite au retour de Bonaparte de la campagne d’Egypte, le style L XVI évoluera vers l’Empire, sous le Directoire, dans une transition inspirée de l’antiquité égyptienne qu’on nommera « Retour d’Egypte ».