L’ Antre Voies

Le 23 août 2017

Photos : Cécile Langlois - Textes : Cécile Fraboul
Un reportage du magazine Rêves d'Intérieurs Loire Atlantique #11 - Edition 2015

Parce qu’il gardait d’heureux souvenirs de ses vacances adolescentes dans ce que les guides touristiques nomment « une cité de caractère », un quart de siècle plus tard, Daniel a décidé de les convoquer en jetant une ancre contemporaine dans un bout de parcelle avec vue sur mer.

Il se reconnaît à ses maisons de granit et à ses ruelles serrées les unes contre les autres : le petit port dans lequel Daniel et son épouse ont choisi de se poser était remisé bien loin dans la mémoire de Daniel, éclipsé pendant toute sa carrière professionnelle par d’autres villages du bout du monde. Proust ayant, avant lui, transformé une madeleine en axiome, il avait toutes les raisons de faire de sa vie de jeune homme en Loire-Atlantique les bases d’un retour aux sources. Quand s’est présentée cette maison sans cachet et en mauvais état qu’il pourrait écrouler sans état d’âme, l’occasion a été trop belle.

 

Détruire et reconstruire pour ne pas faire table rase du passé

Comme l’écrivent les guides et comme l’observe à la lettre le représentant des Bâtiments de France, une cité de caractère ça se respecte et ça se révère. Alors, quand Daniel et son épouse ont tenu à remplacer l’ancienne bâtisse par une habitation de bord de mer qui aurait le moins à voir avec la tradition locale, il a fallu ruser, donner des gages. David Juet, leur architecte, a trouvé la parade en coupant la poire en deux : la partie de la maison située en front de rue ne serait reconstituée à l’identique avec des matériaux admis (ardoise, pierre, et crépi) ; l’autre partie, en retrait de trois bons mètres, resterait libre de trouver son style.

Un intérieur ouvert et communicant

Le temps passé par Daniel et sa famille aux quatre coins du monde leur a laissé le goût de l’ouverture : ouverture aux autres et ouverture sur le ciel. Pour édifier le havre de leurs rêves, ils se sont rappelé les riads marocains et leur architecture vernaculaire. L’idée de s’en inspirer a fait l’unanimité. Une envie autant qu’une nécessité, en fait : sous des cieux moins cléments que ceux de la Méditerranée, créer une maison qui jouerait le rôle de puits de lumière était une judicieuse trouvaille pour pouvoir en profiter été comme hiver.

Le jeu de l’avant-garde et de l’accompli

Du patio aux terrasses aménagées au premier et au deuxième étages, des pans inclinés aux grandes baies vitrées, le couple a orienté le travail de l’architecte et, plus tard, celui des artisans, afin que l’illusion de vivre dehors laisse une seule et même impression aux occupants, en toute saison : celle d’un cocon qui rassemble autant qu’il offre la liberté. Liberté d’aller et de venir sans obstacle entre l’intérieur et le jardin. Liberté de se ménager des moments à soi en s’écartant du regard des autres. Liberté de profiter du bord de mer sans être obligé de tout prendre de lui. Bois, métal et béton millimétrique ont achevé de matérialiser le projet d’une maison facile à vivre qui, dans chaque pièce, sur chaque mur, se distingue du banal et de l’ordinaire. Au final, il y a ce que retient la mémoire et ce que garde l’histoire, celle qui continue de s’écrire quand la vie a refermé quelques chapitres.

Cheminée Caminus
Nantes. Tél. 02 40 75 25 48

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