L’évolution de l’habitat : de la fin du XIXè siècle à nos jours

Le 17 octobre 2017

Textes : César Marzougui


Rêves d’Intérieurs – Edition 2016

Un petit tour d’horizon de ce qui a révolutionné nos foyers...
Dans les demeures bourgeoises de la fin du XIXe siècle, on habite de beaux hôtels particuliers ou des immeubles aux façades de pierre. La cuisine, où se tient la bonne, est éloignée de l’espace familial. Les propriétaires habitent les premiers étages et les domestiques sous les combles. Le goût des apparences amène les décorateurs à imaginer de nouveaux matériaux et techniques pour imiter les décors nobles d’antan : sculptures
 « plaquées » bronze, carton-pierre pour de faux ornements sculptés. La tapisserie s’invite sur les murs et les plafonds. La mode est inspirée du style Louis XVI, remanié avec les techniques nouvelles. Belles cheminées, dorures et grands miroirs. Un piano est indispensable au salon, au milieu des décors chargés de bibelots, pompons, fausses fleurs et napperons.
Dans la cuisine, l’eau arrive au robinet depuis les « caisses eau » placées sur le toit et reliées aux châteaux d’eau.

Certains foyers sont équipés de machines à laver manuelles. Mais la plupart des bonnes lavent à la main ou donnent le linge aux blanchisseuses. Elles repassent avec un fer chauffé sur la cuisinière à gaz.
 Quinquets huile et lampes pétrole sont les principaux modes d’éclairage. Le chauffage est de plus en plus couramment fourni par des chaudières
- bois, charbon, gaz et huile de pétrole. Les tuyaux diffusent la chaleur dans les diverses pièces de l’habitat. La révolution « gaz à tous les étages » change la vie des citadins. Côté hygiène, les bains privés arrivent timidement. Mais les salles de bains sont encore réservées aux plus visionnaires ! On se lave surtout au broc et à la cuvette et on se parfume. Dans les deux décennies qui suivent la guerre, la poussière qui envahit les maisons diminue avec la disparition du bois et du charbon. Gaz de ville, électricité et pétrole deviennent les sources d’énergie principales. L’électroménager, venu des Etats-Unis, soulage la ménagère. Ainsi arrivent la machine à laver, le fer électrique, le robot ménager et l’aspirateur qui révolutionnent la vie quotidienne. Désormais on ne bat plus les tapis, on les aspire ! Le mobilier nous est familier car c’est le vintage actuel, en matériaux synthétiques, comme le formica, avec des formes rondes et de la couleur. Les papiers peints sont chargés de motifs géométriques et colorés et le sol est habillé de tapis laineux et de moquette.


Les nouveaux immeubles sont fonctionnels et plus formatés, avec une vraie salle de bain et une cuisine qui se rapproche de la salle manger. La télévision remplace la TSF. La déco est plus épurée. C’est l’époque du béton et des grands ensembles... Aujourd’hui, l’électronique et la technologie sont partout. L’électricité est la source d’énergie dominante des constructions modernes. La prise de conscience écologique pousse à adopter les matériaux sains et naturels comme le bois ainsi que les énergies renouvelables. Les normes d’isolation sont strictes. La cuisine est souvent ouverte sur la grande salle manger-salon. Grandes fenêtres et baies vitrées laissent entrer la lumière. Les meubles composites ont des lignes épurées. On mêle bois, acier et verre, ancien et moderne. Au sol, parquet, carrelage et béton ont remplacé les moquettes. Les murs sont peints et si les revêtements muraux semblent revenir la mode, ils sont moins chargés. Des touches vintage sont les bienvenues.

La domotique entre dans les maisons ouvrant ainsi des perspectives. A quoi ressemblera la maison de demain ? On peut supposer que la domotique deviendra la « bonne » moderne et gèrera les problèmes domestiques. Combinée aux énergies renouvelables et l’isolation, on approchera d’un impact écologique zéro. Des imprimantes 3D construiront les maisons pour un moindre coût et l’imagination et la créativité des visionnaires continueront nous émerveiller.

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