En Brière

Le 12 décembre 2017

Photos : Cécile Langlois
Textes : Léa Clémence

Rêves d’Intérieurs – Edition 2015

Entre Guérande et Saint Lyphard, au cœur du parc naturel de Brière, se trouve le hameau de Kerbourg. C’est là, dans cette ancienne ferme, qu’Annie et Daniel ont choisi de poser leurs bagages.

En 1975 ce couple souhaitaient respirer à la fois l’air de la campagne et de la mer et profiter d’un habitat spacieux possédant le charme des maisons de caractère. C’était alors un vrai pari, il fallait que l’imagination soit au rendez-vous car le toit en chaume de cette pittoresque bâtisse s’était écroulé et le sol était en terre battue. Comme toutes les chaumières briéronnes, ses murs sont bas, percés en façade d’une porte, d’une fenêtre et d’une lucarne à la hauteur du grenier. Ses dimensions sont modestes - 70 m2 au sol. C’est ce qui a conduit le couple à acquérir une maison attenante pour accroître l’espace habitable et installer l’atelier d’ébénisterie de Daniel.

Les travaux ont duré trois ans. Il fallait notamment respec- ter les contraintes architecturales liées à la proximité des espaces protégés du parc naturel de Brière... Qu’à cela ne tienne, une bonne dose d’énergie et l’aide de copains leur ont permis de réaliser eux- mêmes la majorité des travaux. Evidemment, quelques professionnels sont intervenus comme Christophe Anezo, chaumier, dont ils ont apprécié la qualité relationnelle et le savoir-faire.

Annie et Daniel aiment le beau, le travail bien fait mais la relation à l’autre a aussi une place importante dans leur vie. C’est ce qui a, en partie, guidée la conception de leur chaumière.

« Il y a toujours beaucoup de passage à la maison. Nous accueillons même deux à trois fois par an des soirées théâtre ou des concerts. Pour moi, une maison, c’est un lieu de convivialité », dit Annie. Le couple désirait donc de grands espaces. Ainsi, la cuisine et le salon du rez de chaussée occupe 70 m2, de quoi véritablement accueillir leurs invités et s’adonner au plaisir de cuisiner avec des produits locaux.

Un autre critère important pour eux, c’est la lumière. Tout a été pensé pour qu’elle inonde le plus possible l’habitation : les baies vitrées à l’arrière, les peintures blanches sur les murs, les parquets d’un léger gris ou en châtaigner clair dans les chambres du premier étage.

Côté décoration, Annie ne voulait pas « d’une maison chichiteuse, une maison musée. Une maison, c’est fait pour vivre. J’aime le beau mais je ne me demande pas chaque matin où placer tel objet ». Même si elle et son mari aiment harmoniser les espaces en créant des univers différents dans chaque pièce, il n’était pas question de tout acheter. Sensible depuis longtemps au développement durable, Ils ont donc meublé leur maison au gré de leurs coups de cœur soit en chinant, soit en recyclant, soit en détournant. Ils ont aussi adopté cette démarche en choisissant le chaume pour la toiture, le bois pour le chauffage ainsi que pour les sols et les cloisons à l’étage. Il n’y a, pas de plâtre dans la maison, que des matériaux nobles pour accompagner la pierre.

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