All posts by Anne-Laure Goupil

La reliure dans tous ses états

Le 5 décembre 2017

Rêves d’Intérieurs – Edition 2015

Photos : Cécile Langlois
Textes : Valérie Samouel

C’est après avoir lu « Germinal » dans une ancienne et belle édition qu’Hélène Limousin prend conscience que l’objet livre a son rôle dans la magie de la lecture. Elle a 14 ans. Après un bac en Arts appliqués, elle entre à l’école Estienne. Son diplôme « reliure dorure » en poche, elle multiplie les expériences professionnelles, avant de créer son atelier en 2003 : Les Mille Feuillets.

Hélène travaille avec les administrations et les particuliers, organise cours et stages. Son travail de restauration peut concerner des parties du livre ou son ensemble. Elle peut aussi créer des reliures neuves sur ouvrages anciens. Il faut alors tout un savoir d’historien de l’art pour approcher dans une ancienne et belle les pratiques de l’époque. Dès qu’elle en a l’occasion, Hélène développe les variations créatives de la reliure moderne, avec le travail des matières et la réalisation de décors s’inspirant du texte, de l’auteur ou du propriétaire du livre.

Hélène a remporté plusieurs prix pour l’invention d’un système de reliure à baguettes amovibles offrant un ouvrage souple et démontable à l’envi. Un beau succès auprès des professionnels du livre !

ATELIER DES MILLE FEUILLETS
11 BD DU GÉNÉRAL FAIDHERBE
CHOLET
TÉL. 02 41 75 11 79
http://www.lesmillefeuillets.fr

D’un passage à l’autre

Le 4 décembre 2017

Rêves d’Intérieurs – Edition 2017

Textes : Valérie Samouel

Le passage Pommeraye est né de la volonté d’un homme. Le quartier est alors insalubre. Pommeraye et son associé Guilloux achètent les terrains environnants et neuf immeubles pour créer une galerie surmontée d’habitations sur un terrain dénivelé de 9,40 mètres. Prouesse architecturale mais aussi gouffre financier et turbulences juridiques caractérisent ce chantier.

Le passage est inauguré en juin 1843 après trois ans de travaux. La bourgeoisie nantaise s’entiche du lieu qui rivalise avec les passages parisiens du XVIIIème siècle.

La crise économique de 1848 et les dépenses engagées apportent la faillite du passage et la ruine de Louis Pommeraye. Le passage a survécu, connu des heures prospères et d’autres moins, des restaurations plus ou moins réussies. Il a toujours conservé son rôle identitaire pour les Nantais. Nombreux sont les artistes qui s’en sont inspirés, tel l’enfant du pays, Jacques Demy. Aujourd’hui, une nouvelle page de son histoire s’écrit, avec l’ouverture d’un nouveau passage qui vient se raccorder à l’ancien.

Parquets et pose des marches : Le Parqueteur Vendéen à La Chaize-le-Vicomte

Architectes : Platform architectures Reichen et Robert à Paris

Un panoramique pour vos murs

Le

Rêves d’Intérieurs – Edition 2017 (Cholet)

La tendance est au mix peinture et papier peint à motifs. Lejeune Décoration vous propose une option supplémentaire, le panoramique sur-mesure et facile à poser. Dans le show-room de 200 m2, situé en plein cœur de Nantes, vous découvrirez toutes les déclinaisons de ce revêtement mural ainsi qu’un univers entièrement dédié à votre intérieur : papiers peints et peintures teintées sur place, sols souples et parquets, voilages, rideaux et stores, tissus d’ameublement, meubles, tapis et accessoires. Tout ce que vous trouverez ici peut être posé, aménagé et confectionné par l’équipe des professionnels du magasin.

LEJEUNE DECORATION
12 rue sarrazin (fond d’impasse) 44000 NANTES (quartier Viarme)
Tel :  02.51.25.08.25
Nos horaires show-room (02.51.25.08.28) :
Lundi: 14h00 à 18h30 - Mardi au vendredi: 10h à 12h/ 14h00 à 18h30 - Samedi : 10h à 13h
www.lejeunedeco.com

De l’art d’être ébéniste

Le 6 novembre 2017

Textes : Valérie Samouel

Rêves d’Intérieurs – Edition 2017 (Cholet)

 

Fabrice Leblanc est ébéniste, spécialisé dans la restauration de meubles et objets en bois. Les techniques qu’il utilise visent à rendre à chacun d’entre eux leur fonctionnalité et leur esthétique tout en leur permettant de traverser le temps. Du rustique à la marqueterie, quelles que soient les époques, Fabrice s’attache à comprendre l’histoire et la fabrication de chaque pièce qu’il aborde. Collectionneurs, monuments historiques et particuliers lui confient leurs objets rares ou aimés. Sous ses doigts, les techniques de travail anciennes côtoient les plus modernes tout en privilégiant toujours l’authentique, le réversible, le naturel et le bio. Formé en ébénisterie, puis en sculpture dans la prestigieuse école Boulle, Fabrice a multiplié les formations et les expériences avant de créer son propre atelier en 1999. L’an dernier, il choisit de transporter son activité à Montrevault-sur-Evre et ne le regrette pas ! Amoureux de son art, du beau geste, Fabrice prend le temps de transmettre son savoir-faire à de jeunes apprentis et participe aux divers événements dédiés à l’artisanat de tradition.

www.ebenisterieleblanc.com

Grandeur Nature

Le 1 novembre 2017

Textes : Cécile Fraboul

Rêves d’Intérieurs – Edition 2017 (Cholet)

600 mètres carrés de surface au sol, 8 mètres de hauteur sous faîtage et, autour, 90 hectares de terre : redimensionner la démesure.

Le hameau et la ferme sont dans la même famille depuis plus d’un siècle. Fallait-il laisser le temps dénouer les liens ou, à l’exemple des anciens béguinages, réunir la petite communauté de cousins en leur fief ? Pour que l’histoire continue, l’idée de donner une seconde vie à la grange, bâtiment central à plus d’un titre, était séduisante. À condition de prendre la mesure du colossal chantier.
 Avec un tel volume d’un seul tenant, l’espace est à la fois un allié et un ennemi. Parfois, la sagesse doit retenir l’élan... Pour autant, modération n’est pas abdication. Tiers par tiers, pas à pas, le lieu renaît. Avec une double vocation : devenir habitation principale et abriter des activités équestres (élevage de chevaux, accueil de cavaliers, formation et coaching). Ce qui a déjà été accompli témoigne de ce que la réalité a concédé au rêve, et révèle qu’à l’impossible chaque artisan s’est tenu. Ancienne étable dénaturée, le bâtiment a repris forme au terme de patients et ingénieux travaux. Pour commencer, une partie de la charpente en chêne a été démontée et reprise à neuf, et la portée des poutres contenue par des poteaux, afin que la structure, fièrement redressée, soit prête à reprendre un rôle-titre.
 Dehors comme dedans, bois et pierre ont invoqué l’héritage. Dedans, un plancher a été posé pour inventer une habitation en duplex. Dehors, les murs ont été relevés et consolidés par une ossature bois, afin que l’ensemble ait l’assise du legs perpétuel. Et comme le diable n’est pas le seul à se loger dans le détail, à l’étage, les ouvertures ont été percées dans la façade. Il n’était pas question de céder à la facilité en installant des fenêtres de toit qui auraient falsifié le « testament patrimonial » !
 Partout, l’astuce s’est jouée des obstacles pour prévenir les problèmes. La baie vitrée, qui habille majestueusement la façade Ouest, a été installée en retrait, afin de protéger la bâtisse de la pluie et des vents dominants. Pour l’isolation thermique, la fibre de bois a été choisie pour le confort qu’elle procure aussi bien que pour sa réputation de retardateur de feu. À l’étage, une chape de sol fermacell a apporté sa légèreté et sa capacité à atténuer les bruits. Les trouvailles ont gagné jusqu’au bac de douche, créé en matériau composite d’un seul bloc pour limiter les interstices et les joints.

Côté décoration, si l’aspect fonctionnel s’est invité, à aucun moment il n’a pris le pas sur l’envie de beau et de bien-être. La cheminée classique répond au poêle à bois contemporain, pour rappeler ce que le présent doit au passé, mais pas seulement. Combinés à l’aérothermie et au plancher chauffant, ils sont deux apports de chaleur à l’intersaison. Les meubles, récupérés ou chinés, rassurent par leur densité et leur calibre ; ils emplissent l’espace avec l’autorité nécessaire. Au sol, la pierre naturelle et le jonc de mer, tout comme le béton poreux en terrasse sont là pour rappeler qu’à la campagne, la matière se vit.

En somme, plutôt que de les inciter à bâtir des châteaux en Espagne, la grange du bocage vendéen a suggéré à ses propriétaires de laisser leur imagination s’échapper vers un avenir (re)fondateur.

Les mains dans le cambouis !

Le 31 octobre 2017

Photos : Cécile Langlois - Textes : Stéphanie Pasgrimaud

Rêves d’Intérieurs – Edition 2012

Une situation idéale, près de la mer, et de l’espace... Cet ancien hangar automobile offre désormais tous les atouts d’une maison agréable à vivre.

Depuis 4 ans, la famille occupe ce qui était un garage. La transformation n’a pas été des plus facile et c’est monsieur qui a endossé la fonction de maître d’œuvre pour suivre pas-à-pas l’aménagement des lieux. Avant toute chose, il a fallu refaire la toiture a n d’isoler au mieux le bâtiment sans perdre ce qui en fait son atout : le volume. Aujourd’hui, il ne reste plus rien de l’activité mécanique... Loin de cet univers d’huile et de cambouis, l’ambiance est chaleureuse.

 

Bois et lumière

Pour casser la froideur métallique, cette famille a choisi de donner une large place au bois. Le matériau fait of ce de plancher, un parquet chauffant qui permet de garder une température agréable dans cette vaste maison. Tout le système de chauffage a été étudié minutieusement par un spécialiste en énergies renouvelables. Le bois contraste avec la blancheur des murs comme dans le couloir qui conduit aux chambres des enfants.

Incroyable d’imaginer qu’il y a quelques années seulement, l’univers, ici, était très probablement gris et sombre. Aujourd’hui, la lumière y est reine. Les ouvertures nombreuses s’ouvrent sur l’intérieur comme sur l’extérieur, histoire de ne pas perdre une once de clarté. Pour pro ter de cette incroyable hauteur de plafond, la chambre principale est perchée au- dessus du salon. Une position surélevée qui grâce à une large surface vitrée permet d’avoir une vue imprenable sur cette pièce de vie.

Toujours dans ce même souci de préserver cette lumière qui envahit les lieux, le blanc domine l’essentiel des pièces. Même si par endroit, la couleur se fait une place. Un mur par-ci, par-là, comme dans la cuisine. Vaste espace de convivialité, il s’organise autour d’un îlot central. Pas de chichi dans cette pièce à vivre, où tout le mobilier est laqué blanc. Dans cet univers noir et blanc, le coin repas se pare de ce bleu azur qui rappelle la mer des Caraïbes. A l’étage la salle de bains principale

Tendance et audace

Impossible de passer ou même d’ignorer ces grandes toiles très colorées qui tapissent certains murs. Rien qui n’ait beaucoup de valeur marchande mais qui fait son effet... Ce ne sont ni plus, ni moins des inspirations chinoises dégotées par monsieur lors de voyages d’affaires. En revanche, à l’étage dans la chambre principale, la toile orangée a été réalisée par Jeanne, une artiste de La Baule. Pour ce qui est du mobilier, les grandes marques comme Cinna ou Kartel se côtoient. Tout comme les meubles anciens trouvent leur place dans cette ambiance plutôt moderne. Un mariage tout en subtilité surprend et donne de la personnalité. Dans cette maison, le mobilier et les objets ordinaires cohabitent avec les pièces uniques. C’est le cas de la cheminée en tôle brute... Unique, en acier, elle est l’une des rares notes qui rappelle l’activité industrielle de ce lieu. Ici, les niveaux s’entrelacent mais jamais la lumière ne s’arrête. Et tous les matériaux (verre, Altuglas...) s’accordent à lui frayer un passage. Avec un jardin orienté au Sud et entouré de pins, la métamorphose est des plus réussies pour ce lieu désormais intime.

Jeanne artiste peintre - 06 68 23 34 79.

Parquet de la salle de bain, rampe d’accès en bois, marches de l’escalier, plan de travail laqué blanc sur-mesure, petit coin repas, isolation sandwichs avec lambris, portes et bibliothèque ont été réalisés par le menuisier Patrick Coquard Z.A. Villejames à Guérande - 02 40 42 53 43.

Le « menuisier inspiré »

Le

Photos : Cécile Langlois
Textes : Sandrine Lefebvre

Rêves d’Intérieurs – Edition 2012

Comme un musicien qui, maîtrisant parfaitement sa technique, s’en échappe pour composer de nouvelles œuvres, Jean-Yves Guezengar explore la création sans limites, sur des objets, meubles, décors, mais aussi, à titre plus personnel, sur ses sculptures et peintures.

Ce menuisier-ébéniste de formation, installé depuis près de onze ans à son compte, fabrique meubles, objets et décors d’ambiance (de bars, restaurants, boutiques). Sont ainsi à mettre à son profit le bar du restaurant “Jean de la Queue” à La Haye- Foussière (refait en 2009), composé de rangées de fonds de bouteilles et d’une longue tablette en étain, ou encore la vitrine à vins et la cave avec table d’hôtes de “La Civelle” à Trentemoult.

Jean-Yves Guezengar « mélange tous les matériaux, sans limites, y compris sans bois ». Il travaille donc aussi le métal, le verre, le plastique, l’étain plaqué ou encore le zinc. « La matière m’inspire, et la forme, quand celle-ci est déjà calibrée ». Souvent, il crée à partir de restes de matières accumulés : « Je fais de “l’éco-design” », sourit-il. Ses objets sont liés au décor intérieur, et « dotés d’une petite utilité » : bibelots, vases, tables basses... Ses envies créatrices rendent souvent très ténue la frontière entre travail artisanal et œuvre artistique. Ainsi, Jean-Yves Guezengar alterne entre création sur mesure, à la demande pour particuliers et professionnels selon des dimensions précises, et réalisation de petites sculptures ou encore de toiles polychromes sur bois qu’il expose à l’occasion. Il y a cinq ans, comme un compagnon, il s’est même fabriqué son “chef d’œuvre”, intitulé “l’œuf” : un meuble-sculpture d’un mètre de diamètre, présentoir à portes cylindriques tournantes, qui lui a demandé quatre cents heures de travail.

Passionné de technique —il ne rate jamais une occasion d’échanger sur ce sujet avec d’autres artisans—, ce « menuisier inspiré » comme il se décrit, a dernièrement élaboré un meuble design, qui, grâce au concours d’un mécène associé, va se développer à échelle industrielle. Cette cloison-étagère, d’un seul tenant vertical en bois de hêtre, bouleau et piètement en inox brossé, est entièrement modulable, grâce à des planches insérables, de taille différente. Pour une adaptation à nos intérieurs... sans limites.

Ventes à l’atelier, visites sur rendez-vous
35, La Rebourgère 44680 Maisdon-sur-Sèvre
www.atelierguezengar.com

Carrelage et plâtrerie au service du Design

Le 23 octobre 2017

Rêves d’Intérieurs – Edition 2016

L’entreprise Gauthier plâtrerie accompagne la tendance avec la réhabilitation de nos salles de bain : douche à l’italienne ou baignoire arrondie en habillage faïence très design. Pour nos sols : grandes dalles, carreaux de ciment avec décor et carrelage imitation parquet proposé dans plusieurs dimensions. En plâtrerie traditionnelle, l’entreprise réalise cloisons, murets et corniches. Elle crée des plafonds suspendus avec éclairage leds intégré pour donner à nos pièces de vie des ambiances chaleureuses et uniques. Gauthier plâtrerie apporte son conseil et ses compétences aux architectes d’intérieurs, décorateurs et particuliers.

 

GAUTHIER
PLÂTRERIE ET CARRELAGE
SAINT-HILAIRE-DE-CLISSON
www.gauthier-platre-carrelage.fr

L’évolution de l’habitat : de la fin du XIXè siècle à nos jours

Le 17 octobre 2017

Textes : César Marzougui


Rêves d’Intérieurs – Edition 2016

Un petit tour d’horizon de ce qui a révolutionné nos foyers...
Dans les demeures bourgeoises de la fin du XIXe siècle, on habite de beaux hôtels particuliers ou des immeubles aux façades de pierre. La cuisine, où se tient la bonne, est éloignée de l’espace familial. Les propriétaires habitent les premiers étages et les domestiques sous les combles. Le goût des apparences amène les décorateurs à imaginer de nouveaux matériaux et techniques pour imiter les décors nobles d’antan : sculptures
 « plaquées » bronze, carton-pierre pour de faux ornements sculptés. La tapisserie s’invite sur les murs et les plafonds. La mode est inspirée du style Louis XVI, remanié avec les techniques nouvelles. Belles cheminées, dorures et grands miroirs. Un piano est indispensable au salon, au milieu des décors chargés de bibelots, pompons, fausses fleurs et napperons.
Dans la cuisine, l’eau arrive au robinet depuis les « caisses eau » placées sur le toit et reliées aux châteaux d’eau.

Certains foyers sont équipés de machines à laver manuelles. Mais la plupart des bonnes lavent à la main ou donnent le linge aux blanchisseuses. Elles repassent avec un fer chauffé sur la cuisinière à gaz.
 Quinquets huile et lampes pétrole sont les principaux modes d’éclairage. Le chauffage est de plus en plus couramment fourni par des chaudières
- bois, charbon, gaz et huile de pétrole. Les tuyaux diffusent la chaleur dans les diverses pièces de l’habitat. La révolution « gaz à tous les étages » change la vie des citadins. Côté hygiène, les bains privés arrivent timidement. Mais les salles de bains sont encore réservées aux plus visionnaires ! On se lave surtout au broc et à la cuvette et on se parfume. Dans les deux décennies qui suivent la guerre, la poussière qui envahit les maisons diminue avec la disparition du bois et du charbon. Gaz de ville, électricité et pétrole deviennent les sources d’énergie principales. L’électroménager, venu des Etats-Unis, soulage la ménagère. Ainsi arrivent la machine à laver, le fer électrique, le robot ménager et l’aspirateur qui révolutionnent la vie quotidienne. Désormais on ne bat plus les tapis, on les aspire ! Le mobilier nous est familier car c’est le vintage actuel, en matériaux synthétiques, comme le formica, avec des formes rondes et de la couleur. Les papiers peints sont chargés de motifs géométriques et colorés et le sol est habillé de tapis laineux et de moquette.


Les nouveaux immeubles sont fonctionnels et plus formatés, avec une vraie salle de bain et une cuisine qui se rapproche de la salle manger. La télévision remplace la TSF. La déco est plus épurée. C’est l’époque du béton et des grands ensembles... Aujourd’hui, l’électronique et la technologie sont partout. L’électricité est la source d’énergie dominante des constructions modernes. La prise de conscience écologique pousse à adopter les matériaux sains et naturels comme le bois ainsi que les énergies renouvelables. Les normes d’isolation sont strictes. La cuisine est souvent ouverte sur la grande salle manger-salon. Grandes fenêtres et baies vitrées laissent entrer la lumière. Les meubles composites ont des lignes épurées. On mêle bois, acier et verre, ancien et moderne. Au sol, parquet, carrelage et béton ont remplacé les moquettes. Les murs sont peints et si les revêtements muraux semblent revenir la mode, ils sont moins chargés. Des touches vintage sont les bienvenues.

La domotique entre dans les maisons ouvrant ainsi des perspectives. A quoi ressemblera la maison de demain ? On peut supposer que la domotique deviendra la « bonne » moderne et gèrera les problèmes domestiques. Combinée aux énergies renouvelables et l’isolation, on approchera d’un impact écologique zéro. Des imprimantes 3D construiront les maisons pour un moindre coût et l’imagination et la créativité des visionnaires continueront nous émerveiller.

XIII, XIV, XV, XVI : comment reconnaître les Louis ?

Le 12 octobre 2017

Textes : Thierry Frer

Sombre et austère, le style Louis XIII perpétue l’esprit Renaissance modifié par les influences italiennes, espagnoles et flamandes insufflées par Catherine de Médicis. La chaise à bras - le mot « fauteuil » apparaît sous Louis XIV -, le tabouret, le coffre et le banc sont les meubles courants de l’époque. L’armoire et le cabinet à la façade composée de tiroirs soutenue par des pieds torsadés sont les deux grandes créations du style. La géométrie est de rigueur : pointes de diamants, rosaces et tas de sable - petite pyramide à quatre pans. La cartouche ovale, convexe, ornée de courbes plissées évoquant le cuir, rompt avec cette rigidité. Les pieds des sièges tournés en chapelet, torsadés ou en balustre sont reliés par des entretoises en H qui en assurent la solidité. L’évolution du style annoncera le Louis XIV avec le pied en os de mouton qui inspirera celui en console imaginé par André-Charles Boulle. Les dossiers des sièges initialement bas et frangés se haussent. Les cabinets prestigieux sont plaqués d’ébène, voire incrustés de pierres précieuses, d’os, d’ivoire, d’écaille et d’étain, technique que Boulle améliorera avec sa marqueterie.

Le L XIII évolue vers le L XIV en affranchissant progressivement la structure des meubles de l’architecture, pour des besoins fonctionnels et de confort. Apparaissent les premiers bureaux.

Le mobilier L XIV se distingue en deux familles : le mobilier d’apparat orné des placages précieux de Boulle et le mobilier bourgeois en bois massif doré, en référence au Roi Soleil.

Les sièges L XIV ont les dossiers hauts et étroits. Les entretoises troquent le H contre le X reliant pieds en os de mouton en console ou en gaine à section carrée. Les accotoirs plus ondulés et parfois garnis d’une manchette rembourrée finissent en volute. Le fauteuil de confessionnal à oreillettes percées, ancêtre de la bergère, apparaît. Le bureau Mazarin - composé de caissons latéraux surélevés par huit pieds - remplace le cabinet. Boulle invente la commode. Ces meubles ainsi que les armoires sont ornés de « marqueterie Boulle », décor de placages composites, utilisant en outre l’écaille de tortue, découpés et collés sur l’armature consolidée de bronzes dorés pour la protéger des écarts de température. Le style somptueux et la richesse des matériaux contrastent avec le L XIII, mais la symétrie et la ligne droite restent d’actualité. Ces formes s’assoupliront pour devenir plus courbes et bombées sous le style Régence, ébauche du L XV.

Sans précédent, le style L XV ose l’asymétrie. Il s’en dégage légèreté et fantaisie. Une meilleure maîtrise des assemblages et de la résistance des bois permet de supprimer l’entretoise et d’explorer de nouvelles formes courbes comme les pieds galbés. Le bureau plat, plus large que le Mazarin n’a plus que quatre pieds. Sous L XIV, les meubles occupaient la périphérie des pièces. Repensés sous L XV pour occuper tout l’espace, l’envers des dossiers est aussi travaillé. Les formes des commodes et secrétaires aux façades galbées en plan et en élévation s’allègent. Les pièces étant plus petites et plus chaleureuses, le style joue la carte du confort et de l’innovation avec de nombreux petits meubles comme les tables de chevet, à ouvrages ou à jeux, à tiroirs et tablettes escamotables. Les bronzes dorés de motifs « Rocailles », inspirés d’une nature végétale et aquatique revisitée, contrastent avec les bronzes symétriques L XIV par leur asymétrie extravagante et tourmentée.

Le style Pompadour dit Transition, influencé par la découverte de Pompéi, s’inspire du classicisme de l’antiquité gréco-romaine. Ce retour à des formes raides et symétriques se confirme avec le style Louis XVI. Plus architecturée, la marqueterie alterne entre frisages géométriques et bouquets naturalistes. Les pieds de meubles sont droits, tournés, cannelés, fuselés ou en gaine. Les dossiers de sièges en médaillon ou en chapeau alternent avec les formes montgolfières ou en lyre. La table de salle à manger remplace la table de fortune dressée sur tréteaux.

Suite au retour de Bonaparte de la campagne d’Egypte, le style L XVI évoluera vers l’Empire, sous le Directoire, dans une transition inspirée de l’antiquité égyptienne qu’on nommera « Retour d’Egypte ».