All posts by Anne-Laure Goupil

Les mains dans le cambouis !

Le 31 octobre 2017

Photos : Cécile Langlois - Textes : Stéphanie Pasgrimaud

Rêves d’Intérieurs – Edition 2012

Une situation idéale, près de la mer, et de l’espace... Cet ancien hangar automobile offre désormais tous les atouts d’une maison agréable à vivre.

Depuis 4 ans, la famille occupe ce qui était un garage. La transformation n’a pas été des plus facile et c’est monsieur qui a endossé la fonction de maître d’œuvre pour suivre pas-à-pas l’aménagement des lieux. Avant toute chose, il a fallu refaire la toiture a n d’isoler au mieux le bâtiment sans perdre ce qui en fait son atout : le volume. Aujourd’hui, il ne reste plus rien de l’activité mécanique... Loin de cet univers d’huile et de cambouis, l’ambiance est chaleureuse.

 

Bois et lumière

Pour casser la froideur métallique, cette famille a choisi de donner une large place au bois. Le matériau fait of ce de plancher, un parquet chauffant qui permet de garder une température agréable dans cette vaste maison. Tout le système de chauffage a été étudié minutieusement par un spécialiste en énergies renouvelables. Le bois contraste avec la blancheur des murs comme dans le couloir qui conduit aux chambres des enfants.

Incroyable d’imaginer qu’il y a quelques années seulement, l’univers, ici, était très probablement gris et sombre. Aujourd’hui, la lumière y est reine. Les ouvertures nombreuses s’ouvrent sur l’intérieur comme sur l’extérieur, histoire de ne pas perdre une once de clarté. Pour pro ter de cette incroyable hauteur de plafond, la chambre principale est perchée au- dessus du salon. Une position surélevée qui grâce à une large surface vitrée permet d’avoir une vue imprenable sur cette pièce de vie.

Toujours dans ce même souci de préserver cette lumière qui envahit les lieux, le blanc domine l’essentiel des pièces. Même si par endroit, la couleur se fait une place. Un mur par-ci, par-là, comme dans la cuisine. Vaste espace de convivialité, il s’organise autour d’un îlot central. Pas de chichi dans cette pièce à vivre, où tout le mobilier est laqué blanc. Dans cet univers noir et blanc, le coin repas se pare de ce bleu azur qui rappelle la mer des Caraïbes. A l’étage la salle de bains principale

Tendance et audace

Impossible de passer ou même d’ignorer ces grandes toiles très colorées qui tapissent certains murs. Rien qui n’ait beaucoup de valeur marchande mais qui fait son effet... Ce ne sont ni plus, ni moins des inspirations chinoises dégotées par monsieur lors de voyages d’affaires. En revanche, à l’étage dans la chambre principale, la toile orangée a été réalisée par Jeanne, une artiste de La Baule. Pour ce qui est du mobilier, les grandes marques comme Cinna ou Kartel se côtoient. Tout comme les meubles anciens trouvent leur place dans cette ambiance plutôt moderne. Un mariage tout en subtilité surprend et donne de la personnalité. Dans cette maison, le mobilier et les objets ordinaires cohabitent avec les pièces uniques. C’est le cas de la cheminée en tôle brute... Unique, en acier, elle est l’une des rares notes qui rappelle l’activité industrielle de ce lieu. Ici, les niveaux s’entrelacent mais jamais la lumière ne s’arrête. Et tous les matériaux (verre, Altuglas...) s’accordent à lui frayer un passage. Avec un jardin orienté au Sud et entouré de pins, la métamorphose est des plus réussies pour ce lieu désormais intime.

Jeanne artiste peintre - 06 68 23 34 79.

Parquet de la salle de bain, rampe d’accès en bois, marches de l’escalier, plan de travail laqué blanc sur-mesure, petit coin repas, isolation sandwichs avec lambris, portes et bibliothèque ont été réalisés par le menuisier Patrick Coquard Z.A. Villejames à Guérande - 02 40 42 53 43.

Le « menuisier inspiré »

Le

Photos : Cécile Langlois
Textes : Sandrine Lefebvre

Rêves d’Intérieurs – Edition 2012

Comme un musicien qui, maîtrisant parfaitement sa technique, s’en échappe pour composer de nouvelles œuvres, Jean-Yves Guezengar explore la création sans limites, sur des objets, meubles, décors, mais aussi, à titre plus personnel, sur ses sculptures et peintures.

Ce menuisier-ébéniste de formation, installé depuis près de onze ans à son compte, fabrique meubles, objets et décors d’ambiance (de bars, restaurants, boutiques). Sont ainsi à mettre à son profit le bar du restaurant “Jean de la Queue” à La Haye- Foussière (refait en 2009), composé de rangées de fonds de bouteilles et d’une longue tablette en étain, ou encore la vitrine à vins et la cave avec table d’hôtes de “La Civelle” à Trentemoult.

Jean-Yves Guezengar « mélange tous les matériaux, sans limites, y compris sans bois ». Il travaille donc aussi le métal, le verre, le plastique, l’étain plaqué ou encore le zinc. « La matière m’inspire, et la forme, quand celle-ci est déjà calibrée ». Souvent, il crée à partir de restes de matières accumulés : « Je fais de “l’éco-design” », sourit-il. Ses objets sont liés au décor intérieur, et « dotés d’une petite utilité » : bibelots, vases, tables basses... Ses envies créatrices rendent souvent très ténue la frontière entre travail artisanal et œuvre artistique. Ainsi, Jean-Yves Guezengar alterne entre création sur mesure, à la demande pour particuliers et professionnels selon des dimensions précises, et réalisation de petites sculptures ou encore de toiles polychromes sur bois qu’il expose à l’occasion. Il y a cinq ans, comme un compagnon, il s’est même fabriqué son “chef d’œuvre”, intitulé “l’œuf” : un meuble-sculpture d’un mètre de diamètre, présentoir à portes cylindriques tournantes, qui lui a demandé quatre cents heures de travail.

Passionné de technique —il ne rate jamais une occasion d’échanger sur ce sujet avec d’autres artisans—, ce « menuisier inspiré » comme il se décrit, a dernièrement élaboré un meuble design, qui, grâce au concours d’un mécène associé, va se développer à échelle industrielle. Cette cloison-étagère, d’un seul tenant vertical en bois de hêtre, bouleau et piètement en inox brossé, est entièrement modulable, grâce à des planches insérables, de taille différente. Pour une adaptation à nos intérieurs... sans limites.

Ventes à l’atelier, visites sur rendez-vous
35, La Rebourgère 44680 Maisdon-sur-Sèvre
www.atelierguezengar.com

Carrelage et plâtrerie au service du Design

Le 23 octobre 2017

Rêves d’Intérieurs – Edition 2016

L’entreprise Gauthier plâtrerie accompagne la tendance avec la réhabilitation de nos salles de bain : douche à l’italienne ou baignoire arrondie en habillage faïence très design. Pour nos sols : grandes dalles, carreaux de ciment avec décor et carrelage imitation parquet proposé dans plusieurs dimensions. En plâtrerie traditionnelle, l’entreprise réalise cloisons, murets et corniches. Elle crée des plafonds suspendus avec éclairage leds intégré pour donner à nos pièces de vie des ambiances chaleureuses et uniques. Gauthier plâtrerie apporte son conseil et ses compétences aux architectes d’intérieurs, décorateurs et particuliers.

 

GAUTHIER
PLÂTRERIE ET CARRELAGE
SAINT-HILAIRE-DE-CLISSON
www.gauthier-platre-carrelage.fr

L’évolution de l’habitat : de la fin du XIXè siècle à nos jours

Le 17 octobre 2017

Textes : César Marzougui


Rêves d’Intérieurs – Edition 2016

Un petit tour d’horizon de ce qui a révolutionné nos foyers...
Dans les demeures bourgeoises de la fin du XIXe siècle, on habite de beaux hôtels particuliers ou des immeubles aux façades de pierre. La cuisine, où se tient la bonne, est éloignée de l’espace familial. Les propriétaires habitent les premiers étages et les domestiques sous les combles. Le goût des apparences amène les décorateurs à imaginer de nouveaux matériaux et techniques pour imiter les décors nobles d’antan : sculptures
 « plaquées » bronze, carton-pierre pour de faux ornements sculptés. La tapisserie s’invite sur les murs et les plafonds. La mode est inspirée du style Louis XVI, remanié avec les techniques nouvelles. Belles cheminées, dorures et grands miroirs. Un piano est indispensable au salon, au milieu des décors chargés de bibelots, pompons, fausses fleurs et napperons.
Dans la cuisine, l’eau arrive au robinet depuis les « caisses eau » placées sur le toit et reliées aux châteaux d’eau.

Certains foyers sont équipés de machines à laver manuelles. Mais la plupart des bonnes lavent à la main ou donnent le linge aux blanchisseuses. Elles repassent avec un fer chauffé sur la cuisinière à gaz.
 Quinquets huile et lampes pétrole sont les principaux modes d’éclairage. Le chauffage est de plus en plus couramment fourni par des chaudières
- bois, charbon, gaz et huile de pétrole. Les tuyaux diffusent la chaleur dans les diverses pièces de l’habitat. La révolution « gaz à tous les étages » change la vie des citadins. Côté hygiène, les bains privés arrivent timidement. Mais les salles de bains sont encore réservées aux plus visionnaires ! On se lave surtout au broc et à la cuvette et on se parfume. Dans les deux décennies qui suivent la guerre, la poussière qui envahit les maisons diminue avec la disparition du bois et du charbon. Gaz de ville, électricité et pétrole deviennent les sources d’énergie principales. L’électroménager, venu des Etats-Unis, soulage la ménagère. Ainsi arrivent la machine à laver, le fer électrique, le robot ménager et l’aspirateur qui révolutionnent la vie quotidienne. Désormais on ne bat plus les tapis, on les aspire ! Le mobilier nous est familier car c’est le vintage actuel, en matériaux synthétiques, comme le formica, avec des formes rondes et de la couleur. Les papiers peints sont chargés de motifs géométriques et colorés et le sol est habillé de tapis laineux et de moquette.


Les nouveaux immeubles sont fonctionnels et plus formatés, avec une vraie salle de bain et une cuisine qui se rapproche de la salle manger. La télévision remplace la TSF. La déco est plus épurée. C’est l’époque du béton et des grands ensembles... Aujourd’hui, l’électronique et la technologie sont partout. L’électricité est la source d’énergie dominante des constructions modernes. La prise de conscience écologique pousse à adopter les matériaux sains et naturels comme le bois ainsi que les énergies renouvelables. Les normes d’isolation sont strictes. La cuisine est souvent ouverte sur la grande salle manger-salon. Grandes fenêtres et baies vitrées laissent entrer la lumière. Les meubles composites ont des lignes épurées. On mêle bois, acier et verre, ancien et moderne. Au sol, parquet, carrelage et béton ont remplacé les moquettes. Les murs sont peints et si les revêtements muraux semblent revenir la mode, ils sont moins chargés. Des touches vintage sont les bienvenues.

La domotique entre dans les maisons ouvrant ainsi des perspectives. A quoi ressemblera la maison de demain ? On peut supposer que la domotique deviendra la « bonne » moderne et gèrera les problèmes domestiques. Combinée aux énergies renouvelables et l’isolation, on approchera d’un impact écologique zéro. Des imprimantes 3D construiront les maisons pour un moindre coût et l’imagination et la créativité des visionnaires continueront nous émerveiller.

XIII, XIV, XV, XVI : comment reconnaître les Louis ?

Le 12 octobre 2017

Textes : Thierry Frer

Sombre et austère, le style Louis XIII perpétue l’esprit Renaissance modifié par les influences italiennes, espagnoles et flamandes insufflées par Catherine de Médicis. La chaise à bras - le mot « fauteuil » apparaît sous Louis XIV -, le tabouret, le coffre et le banc sont les meubles courants de l’époque. L’armoire et le cabinet à la façade composée de tiroirs soutenue par des pieds torsadés sont les deux grandes créations du style. La géométrie est de rigueur : pointes de diamants, rosaces et tas de sable - petite pyramide à quatre pans. La cartouche ovale, convexe, ornée de courbes plissées évoquant le cuir, rompt avec cette rigidité. Les pieds des sièges tournés en chapelet, torsadés ou en balustre sont reliés par des entretoises en H qui en assurent la solidité. L’évolution du style annoncera le Louis XIV avec le pied en os de mouton qui inspirera celui en console imaginé par André-Charles Boulle. Les dossiers des sièges initialement bas et frangés se haussent. Les cabinets prestigieux sont plaqués d’ébène, voire incrustés de pierres précieuses, d’os, d’ivoire, d’écaille et d’étain, technique que Boulle améliorera avec sa marqueterie.

Le L XIII évolue vers le L XIV en affranchissant progressivement la structure des meubles de l’architecture, pour des besoins fonctionnels et de confort. Apparaissent les premiers bureaux.

Le mobilier L XIV se distingue en deux familles : le mobilier d’apparat orné des placages précieux de Boulle et le mobilier bourgeois en bois massif doré, en référence au Roi Soleil.

Les sièges L XIV ont les dossiers hauts et étroits. Les entretoises troquent le H contre le X reliant pieds en os de mouton en console ou en gaine à section carrée. Les accotoirs plus ondulés et parfois garnis d’une manchette rembourrée finissent en volute. Le fauteuil de confessionnal à oreillettes percées, ancêtre de la bergère, apparaît. Le bureau Mazarin - composé de caissons latéraux surélevés par huit pieds - remplace le cabinet. Boulle invente la commode. Ces meubles ainsi que les armoires sont ornés de « marqueterie Boulle », décor de placages composites, utilisant en outre l’écaille de tortue, découpés et collés sur l’armature consolidée de bronzes dorés pour la protéger des écarts de température. Le style somptueux et la richesse des matériaux contrastent avec le L XIII, mais la symétrie et la ligne droite restent d’actualité. Ces formes s’assoupliront pour devenir plus courbes et bombées sous le style Régence, ébauche du L XV.

Sans précédent, le style L XV ose l’asymétrie. Il s’en dégage légèreté et fantaisie. Une meilleure maîtrise des assemblages et de la résistance des bois permet de supprimer l’entretoise et d’explorer de nouvelles formes courbes comme les pieds galbés. Le bureau plat, plus large que le Mazarin n’a plus que quatre pieds. Sous L XIV, les meubles occupaient la périphérie des pièces. Repensés sous L XV pour occuper tout l’espace, l’envers des dossiers est aussi travaillé. Les formes des commodes et secrétaires aux façades galbées en plan et en élévation s’allègent. Les pièces étant plus petites et plus chaleureuses, le style joue la carte du confort et de l’innovation avec de nombreux petits meubles comme les tables de chevet, à ouvrages ou à jeux, à tiroirs et tablettes escamotables. Les bronzes dorés de motifs « Rocailles », inspirés d’une nature végétale et aquatique revisitée, contrastent avec les bronzes symétriques L XIV par leur asymétrie extravagante et tourmentée.

Le style Pompadour dit Transition, influencé par la découverte de Pompéi, s’inspire du classicisme de l’antiquité gréco-romaine. Ce retour à des formes raides et symétriques se confirme avec le style Louis XVI. Plus architecturée, la marqueterie alterne entre frisages géométriques et bouquets naturalistes. Les pieds de meubles sont droits, tournés, cannelés, fuselés ou en gaine. Les dossiers de sièges en médaillon ou en chapeau alternent avec les formes montgolfières ou en lyre. La table de salle à manger remplace la table de fortune dressée sur tréteaux.

Suite au retour de Bonaparte de la campagne d’Egypte, le style L XVI évoluera vers l’Empire, sous le Directoire, dans une transition inspirée de l’antiquité égyptienne qu’on nommera « Retour d’Egypte ».

 

La perfection du sur-mesure

Le 9 octobre 2017

Des meubles sur-mesure réalisés par un professionnel artisan, c’est la garantie d’un intérieur harmonieux. Du meuble unique ou total look de vos espaces, vous choisissez dimensions, matériaux et couleur, Tual Agencement réalise des pièces adaptées à vos besoins et personnalisées. La tendance est aux bois massif, placage et imitation bois dans des teintes naturelles et finitions huilées, brossées ou grisées. La couleur est bienvenue, si elle est douce et s’intègre à votre lieu de vie. Tual Agencement met son savoir-faire au service de vos envies et travaille en relation avec les architectes et les décorateurs.

TUAL AGENCEMENT

MUZILLAC
www.tual-agencement.com

Impossible Inventaire

Le 2 octobre 2017

Photos : Cécile Langlois – Textes : Thierry Frer
Un reportage du magazine Rêves d'Intérieurs Loire Atlantique #12

Eric et Armelle, collectionneurs passionnés, manient avec virtuosité oppositions et contrastes, créant ainsi des chocs esthétiques successifs étudiés. « Tout est dans le détail ; nous fonctionnons au coup de cœur. Notre seul fil directeur est le plaisir.» D’origines géographiques et d’époques différentes, la mixité des œuvres et des objets transfigure cet appartement nantais classique du XIXe siècle. Ici, l’ostentation n’est pas de mise : des voilages de chez Lelièvre font écho à des rideaux en simple toile de bâche. Une chaise Ikea voisine sans complexe avec un authentique siège Hoffmann. La superbe paire de fauteuils Art Déco Streamline de cuir et d’acier chromé est de forme paquebot.
Le meuble bas à deux vantaux Mrs Daisy Gouaille de la plasticienne nantaise Céline Bodin, commandé à l’origine pour dissimuler
les éléments de la Chaine HI FI d’Eric, s’est finalement reconverti en simple desserte. Avec sa table basse botanique, l’artiste revisite la feuille de cannabis à la manière des planches illustratives des vieux dictionnaires.
Les choix d’Eric et Armelle sont spontanés mais assumés : « Nous avons préféré accrocher une vanité du peintre nantais Philippe Cognée parce que ce travail au fusain ne correspond pas aux standards de son œuvre. » précise Eric. Le choix résolu et subtil des couleurs des murs fait partie intégrante de l’atmosphère de chaque pièce de l’appartement : gris pour le salon, jaune vif pour la salle à manger, violet dans la cuisine, vert foncé pour une chambre et chocolat dans le boudoir d’Armelle. Ce qui pourrait paraître un excès de couleurs contribue en fait à donner une ambiance plus intime.

Hétéroclicité étudiée

Un lustre italien asymétrique en verrerie provenant de la maison Blanchet Dhuismes dialogue harmonieusement avec les éléments multicolores qui composent le salon. Cette hétéroclicité étudiée offre au regard de nombreuses curiosités comme la composition florale en timbres poste assemblés réalisée avec minutie par un artiste inconnu en 1927. On remarque à gauche de la porte de la salle à manger l’oblongue sculpture de l’Argentine Laura Lio installée à Madrid. Elle fait écho à la couronne de feuilles de laurier de Bernadette Chéné. La pièce est bien gardée par la paire de guerriers Xian : un général et un soldat. Ces colosses de terre cuite sont les fidèles reproductions de deux des 8000 statues qui composent le mausolée de l’empereur chinois Qin, classé patrimoine de l’UNESCO. Enthousiasmés par la visite de ce fabuleux tombeau datant de 910 avant JC, nos collectionneurs n’ont pas manqué d’en rapporter ces souvenirs.

Contrastes de cultures et pièces uniques

La salle à manger solaire sert d’écrin à de nombreuses œuvres provenant d’horizons variés. Au-dessous de l’hypnotisante toile de l’artiste espagnole Lita Mora, le décor de l’enfilade peinte s’inspire librement du dessin original Alice Narcisse ornant les assiettes d’un service de faïence de Gien. Comble du raffinement, le décor est également reproduit à l’intérieur du meuble.
Entre les deux crédences jumelles rouges et géométriques, trône une magnifique console d’applique en cornes de vache du designer sénégalais Babacar M’Bodj Niang également créateur de deux chaises que l’on peut admirer dans le boudoir d’Armelle.
L’œil est irrésistiblement attiré par la superbe table aux pieds d’aluminium remarquablement fuselés en spirale. Son créateur, le designer nantais Pascal Launay, a eu la géniale idée d’intégrer à son plateau d’érable de petits plots d’aluminium amovibles en guise de repose-plat.
L’éclairage indirect de la pièce est diffusé par un exemplaire du célèbre lampadaire Orbital Terra de Ferruccio Laviani ainsi que par la paire d’appliques en porcelaine Bernardaud de Limoges créée par Olivier Gagnère également auteur des lampes de chevet de la chambre à coucher. L’allégorique porte-manteau en fonte de l’entrée est l’œuvre d’un fondeur de Charleville Mézières en hommage aux soldats tombés au front pendant la guerre de 1870. Un soldat mourant dans les plis du drapeau français est finement représenté sur la base de l’objet. Les pièces muséales distribuées par le long couloir ne sont pas avares de surprises telles qu’une table Knoll, remaniée, au plateau originellement de tôle avantageusement remplacé par de la loupe d’orme. Le canapé Plum des Frères Buroullec voisine avec du mobilier de famille design des années 1960. Aux murs, un éventail de toiles de différentes époques et provenances : on peut entre autres y admirer le sénégalais Denis Gomis, le nantais Khaled Benfredj, l’américaine Jean Meisel et le photographe malien Adama Kouyaté.
Les surprenantes têtes de vaches posées au sol du cubain Saitel Brito rappellent la vaine tentative des dirigeants cubains d’importer des vaches hollandaises lorsque ses habitants manquaient de lait. Le socialisme scientifique a eu du mal à s’acclimater sous les tropiques. L’androïde androgyne Gaston de Marc Sadler à la poitrine métallique mobile sert de valet de nuit aux maîtres de maison qui peuvent se reposer confortablement dans le grand lit habillé d’un bogolan du Mali créé par Bobacar Doumbia.
La collection est évolutive et ses propriétaires au goût raffiné et éclectique sont perpétuellement à l’affut de nouveaux trésors. Acquisitions qui impliquent souvent une reconfiguration de ce lieu de vie foisonnant, muséal et audacieux, dans l’esprit des cabinets de curiosités.

Têtes de vaches de Saitel Brito et chaises de Babacar M’Bodj Niang pour le boudoir «chocolat» d’Armelle.

Bien choisir son parquet, ce n’est pas qu’affaire de goût.

Le 27 septembre 2017

“ Il faut réaliser un savant mélange entre goûts, contraintes et budget. „

De nombreux critères sont à prendre en considération avant de se lancer dans l’aventure. Julien Chauveau-Ligen, menuisier agenceur, répond à nos interrogations :

Quels sont les paramètres à prendre en compte pour le choix des matériaux ?
Il faut réaliser un savant mélange entre goûts, contraintes et budget.

Le basique, c’est le stratifié en pose flottante avec une sous-couche phonique. La mise en œuvre est facile et rapide, le matériau peu coûteux. Mais ce n’est pas du « vrai bois ». Le contre collé est un parement de vrai bois sur lamellé bois avec pose flottante ou collée. L’avantage du contre collé par rapport au massif, c’est qu’il est moins cher et qu’il travaille moins. Il supporte aussi mieux les planchers chauffants.

Pour les parquets massifs, ils doivent être cloués - méthode traditionnelle peu utilisée aujourd’hui - ou collés car le bois plein travaille plus et ne convient donc pas à la pose flottante. La pose collée apporte un grand confort et n’induit aucune résonance. Le budget à prévoir est plus élevé pour le matériau, la colle et la pose qui est plus délicate et plus longue.

Comment choisir son bois massif ?

Beaucoup d’essences sont proposées, c’est l’esthétisme qui prévaut, mais pas sans tenir compte des contraintes. En France, le chêne plait beaucoup par sa couleur et sa résistance, par tradition aussi. On trouve également le hêtre (brun clair), le châtaignier (doré), le merisier (rouge), le palissandre (brun). Les bois exotiques sont de plus en plus à la mode, avec des nuances de couleurs chaudes intéressantes.

Le bambou naturel, très clairs, agrandira votre pièce. Ces bois se comportent très bien en milieu humide et conviennent aux extérieurs et salles de bain : tek, jatoba, ipé, doussié, wengé, padouk, entre autres... Après traitement, les bois européens donnent aussi de bons résultats : pin maritime, épicéa, frêne... Pour les zones de passage fréquent, on recommandera un bois dur.

Les bois peuvent aussi être travaillés pour modifier leurs caractéristiques : le brossage intensifie le veinage et donne du relief pour un aspect plus structuré. Les bois peuvent aussi être teintés.

Comment choisir le type de traitement pour son parquet?
On choisit en fonction de l’aspect et de l’entretien. Huilé, le parquet garde un aspect bois très naturel. Il faut repasser une couche d’huile chaque année. Les micro rayures disparaissent.

Vernis, c’est le traitement le plus résistant. Mais en cas de rayures, il faut tout poncer et revernir. En fonction de l’usage et du passage, prévoir de refaire les vernis tous les 7 ou 8 ans. Ils se déclinent en version mate, satin ou brillante.

Ciré, c’est le parquet de nos grand-mères ! Prévoyez beaucoup de temps, de patience et d’énergie...

Un petit conseil ?

Ne pas choisir un parquet 1er choix, sans nœud et trop lisse qui vous catastrophera au premier impact. Un parquet un peu rustique ou vieilli supporte bien les impacts et en tire même un certain charme.

Julien Chauveau-Ligen
AGENCEMENT D’UNIVERS à Blain
Menuisier- agenceur en Loire-Atlantique
Contact : 06 14 44 48 48

Objets de peu. Qu’avez-vous à nous dire ?

Le 25 septembre 2017

Un reportage du magazine Rêves d'Intérieurs Loire Atlantique #13

Formé à l’École des Beaux-Arts de Nantes et à l’École Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d’Art de Paris, Le Joubioux s’est très vite tourné vers le quotidien.

« Mes voyages initiatiques n’ont guère dépassés un mètre ou deux de rayon. C’est dans ce périmètre que je rencontrai, il y a de cela une bonne dizaine d’années, l’éponge de ménage ou la brique cartonnée de lait ou de jus de fruit. 

Elles devinrent les figures de proue de mes explorations plastiques qui n’ont d’autres buts que de m’immiscer dans l’intimité de l’amateur d’art, lui même tenu, à titre privé, de faire la vaisselle ou de réparer quelque incident ménager. » 

Le ton est donné. L’objet de peu prend des airs de noblesse et met ainsi en lumière toute la magie de la création artistique aussi bien que la banalité de notre quotidien. Le travail de Le Joubioux met aussi le doigt sur les cheminements de notre société.

Cette table baptisée KiRVi, « c’est l’itinéraire d’un fût de 200 litres, figure fidèle de la conquête industrielle, qui renaît dans un intérieur contemporain. Ecrasé, comme pour mettre un point final à ses pérégrinations, il subit un traitement environnementalement correct avant de s’installer dans un salon raffiné. »

Atelier Le Joubioux
13 rue Octave Rousseau à Rezé
www.lejoubioux.com

A quoi ressemblent aujourd’hui les maisons au pays du soleil levant ?

Le 22 septembre 2017

Textes : César Marzougui
Un reportage du magazine Rêves d'Intérieurs Loire Atlantique #13

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les maisons japonaises s’occidentalisent. Cependant, le fier Pays du Soleil Levant a su préserver sa culture au sein de son foyer. Dans chaque intérieur nippon qui se respecte, vous trouverez toujours une petite pièce au sol recouvert de tatamis. Encore aujourd’hui, l’unité de mesure pour les pièces de la maison correspond aux dimensions de ce tapis, soit 90 cm de largeur pour 180 cm de longueur. Ce coin nostalgique de la maison permet de recevoir les invités, pour y manger, boire le thé ou dormir en installant un futon. Dans cette pièce - fermée par une porte coulissante en papier sur cadre de bois ou shoji - se trouve le tokonoma, sorte d’alcôve encastrée dans un des murs. C’est un espace sacré qui porte un autel et peut être décoré mais ne doit exercer aucune autre fonction.

 

La tendance pour la déco d’intérieur est marquée par le principe du wabi-sabi, même si tous ne la suivent pas. Wabi : simplicité, nature. Sabi : l’inexorable usure du temps. Cette philosophie s’inspire de l’esprit zen. Elle favorise les couleurs naturelles et les matériaux bruts. On laisse paraître les traces d’usure et les petits accros pour faire ressortir l’idée du temps qui passe inévitablement. Bois, pierres et galets, poterie raku...Quelques bols sur une étagère. La modestie et la sobriété s’illustrent aussi à travers les meubles dont l’utilité est aussi importante que l’esthétisme, la simplicité des lignes et le choix de matériaux simples et naturels.
La cuisine, même la plus moderne, garde ses instruments traditionnels dans une version évoluée. On trouvera un tepaniaki et un cuiseur de riz, voire même un foyer traditionnel japonais, irori.

La salle de bain est un lieu de convivialité, divisé en deux espaces : la baignoire et le coin des ablutions où se trouve un tabouret en bois ainsi qu’un lavabo. L’hygiène étant une des priorités des Japonais, le cérémonial autour de ce lieu de détente est pris très au sérieux. Les membres d’une même famille y prennent souvent leur bain ensemble pour échanger... tout en se frottant le dos.

Enfin, wasi-sabi ou pas, il est impossible de parler de maison japonaise sans aborder le sujet des toilettes. En effet, les fameuses toilettes à bidet, équipées d’un jet d’eau intégré et destiné à remplacer le papier, sont présentes dans la majorité des foyers modernes nippons. Ces petits bijoux de la technologie des excréments possèdent plusieurs autres fonctionnalités telles que séchage, siège chauffant, réglage du jet d’eau, chasse d’eau et lunette automatique, système anti-odeur et même massage, le tout contrôlé par un boitier sans fil...